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Le Matricule des Anges
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Corpus Auteurs

Gros plan

  • Chapeau, manteau, clope au bec, la longue silhouette d’André Dhôtel est très reconnaissable. De son visage empreint de la « mélancolie tranquille » où se reconnaissait Henry David Thoreau, Banksy pourrait faire un pochoir pour les murs d’Attigny où il est né. Ou ceux du Charleville de Rimbaud sur qui il a écrit trois livres… épuisés comme ses essais sur Rousseau, Paulhan, Follain, une partie de sa poésie, et nombre de ses romans et nouvelles. C’est déjà un paradoxe : Dhôtel bien primé – le Sainte-Beuve en 1948, le Femina en 1955, le Grand prix de l’Académie française en 1974 –, mais son œuvre ne nous est (...)

    André Dhôtel

  • En septembre 2016 Le Matricule des Anges consacrait son dossier de rentrée à l’œuvre d’Éric Vuillard qui faisait paraître 14 Juillet (Actes Sud) dans lequel il redonnait à la rue la paternité de la Révolution. Un an plus tard, paraissait L’Ordre du jour, formidable récit sur le soutien apporté à Hitler par les industriels et financiers allemands. Un livre prémonitoire au regard de la situation actuelle qui lui a valu le prix Goncourt 2017. Cette année-là les jurés avaient su récompenser une écriture de grande tenue portée par une pensée exigeante. Depuis, deux autres titres ont paru, La Guerre des pauvres (...)

    Éric Vuillard

  • Lire, écouter Sandra Moussempès, c’est accepter d’être affecté, d’entrer dans un univers de mondes emboîtés les uns dans les autres, d’être pris dans des jeux de miroirs qui font de chaque poème un objet d’anamorphoses. C’est découvrir une écriture syncopée qui opère par blocs d’émotions et de perceptions, d’éclats de mémoire et de conflagrations sensorielles. Dénudant l’apparence, explorant le féminin et tous les stéréotypes qui lui sont associés, sa poésie en pointe les vérités insues, en interroge le rapport au narcissisme comme à l’objet du désir. Saturée d’impalpable et de magnétisme, elle est tissée (...)

    Sandra Moussempès

  • Sergi Pàmies avait fixé notre rendez-vous au bar-restaurant El Velodromo au centre de Barcelone, rue Ramon Muntaner, à 13 h, ajoutant qu’on ne pouvait pas réserver et qu’il y serait donc un quart d’heure plus tôt. Une précision qui, quand on a lu ses livres, semble des plus naturelles. Il écrit dans une de ses chroniques qu’il préfère toujours être celui qui attend, que celui qui fait attendre. Une forme de politesse mâtinée d’un peu d’inquiétude chronique : arriver en avance pour ne pas risquer, par un coup du sort, être en retard. Dès l’entrée, nous le reconnaissons, assis sur une banquette de (...)

    Sergi Pàmies

  • Le 18 mars 1993, nous recevions les jeunes éditions Tristram dans les locaux parisiens du Matricule des Anges, un appartement que nous avions en colocation. Les lasagnes refroidissaient sur un coin de table au moment même où Antoine Kombouaré inscrivait à la 96e minute le but qui éliminait le grand Real et qualifiait le PSG. Un moment historique comme les aime Jean-Hubert Gailliot, propre à tisser un récit mythologique pouvant rassembler autour de lui des personnages venus de différents horizons. Mais ce soir de mars 93, c’est en compagnie de Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot fondateurs de (...)

    Jean-Hubert Gailliot

Notre sélection

Domaine français Hubert Lucot

Je vais, je vis Editions POL
2013
Après Le Noyau de toute chose (2010), Hubert Lucot nous revient avec un livre grave, qui présente les derniers jours de l’aimée. Pour évoquer la disparition de leur compagne, Marc Bernard avait choisi le récit (La Mort de la bien-aimée), Michel Deguy le thrène (À ce qui n’en finit pas) et le peintre Bernard Dufour le journal intime (Le Temps passe quand même). C’est naturellement vers la forme journal qu’Hubert Lucot s’est tourné pour peindre la disparition d’Anne-Marie (A.M. dans les précédents volumes), une forme qui...
Didier Garcia
novembre 2013
Le Matricule des Anges n°148

Domaine étranger David Grossman

Une femme fuyant l’annonce Editions Seuil / raconter la vie
2011
Portrait inoubliable d’une femme vibrante, épopée à la fois tragique et quotidienne d’une famille israélienne, c’est à un voyage au long cours que David Grossman nous invite : vers la douleur et l’émotion. On sait combien les premières phrases d’un roman peuvent déterminer notre lecture, l’éclairer, et résonner bien après qu’on a refermé le livre. Celle d’Anna Karénine, malgré – ou à cause de – son apparente simplicité, est ainsi inoubliable : « Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon » Les centaines de pages de cette...
Thierry Cecille
octobre 2011
Le Matricule des Anges n°127

Poésie Eugenio de Signoribus

Au commencement du jour (1990-1999) Editions Nerthe
2011
Avec Au commencement du jour, Eugenio De Signoribus entrecroise toutes les mémoires : de Virgile à une bâche battue par le vent sur un wagon, s’écrit toute une Histoire. Quatrième livre de Eugenio De Signoribus, Au commencement du jour concentre, par son titre, toute la logique de sens de la démarche de ce poète rare, discret, dont la voix est l’une des plus singulières d’Italie. Etre « au commencement du jour », ce sera autant voir la lumière lover toutes choses – selon une référence qui fera dire à Ungaretti que «  le premier soin de Dante sera de faire...
Emmanuel Laugier
octobre 2011
Le Matricule des Anges n°127

Théâtre Joël Pommerat

Ma chambre froide Editions Actes Sud-Papiers
2011
Dans Ma chambre froide, l’auteur et metteur en scène Joël Pommerat fait de la satire sociale un théâtre d’ombres et de rêves. En mars dernier, les représentations de Ma chambre froide, au théâtre de l’Odéon, étaient complètes en à peine quelques jours. En attendant la reprise en juin prochain et une tournée en 2012, la publication du texte par Actes Sud Papiers vient à point nommé pour permettre à un plus large public de découvrir l’écriture d’un auteur, encore auréolé des prix remportés en 2011. Estelle est une...
Etienne Leterrier-Grimal
octobre 2011
Le Matricule des Anges n°127

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