La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225 34004 Montpellier cedex 1
Tel : ‭06 95 10 79 63
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Domaine français Hors les parcs de Benjamin Fouché

juillet 2026 | Le Matricule des Anges n°275 | par Albain Le Garroy

Curieux livre que Hors les parcs. Entre essai, poème en prose et enquête, il ne comporte pas d’intrigue. Le lecteur y trouve, entre autres, la description d’un phalanstère pour mineurs, une liste d’enfants morts et des rêveries à propos d’albums de Claude Ponti. Alors ? Peut-on dire, comme le narrateur l’explique à propos justement d’un des livres de Ponti que « Rien ne relie les épisodes. Ils sont simplement posés les uns à côté des autres » ? Non. Il faut considérer Hors les parcs comme cette « grande pochette en carton vert où [le narrateur a] collecté tout ce qui entretient un rapport plus ou moins direct avec la petite morte », celle derrière les rosiers du poème de Rimbaud. Mais qui est-elle ? Elle est une présence, un véritable fantôme qui hantera, non seulement les Buttes-Chaumont mais aussi tout le livre. Elle est l’incarnation de tous les enfants morts, abandonnés ou maltraités.
Elle est à la fois elle et une multitude de personnes, une structure souvent vue dans les livres d’Antoine Volodine, auteur qui sera d’ailleurs mentionné. Benjamin Fouché nomme les enfants et, tels les osselets dont il est question dans un des chapitres, il les déterre, non pas de leurs tombes mais des archives où ils avaient été oubliés.
En les nommant, il leur donne un corps. Il les rend à nouveau vivants dans nos mémoires – là encore un thème très volodinien. Ce faisant, Fouché les « déspectralise » et leur évite le sort de la petite morte. Il est écrit dans la quatrième de couverture « Un parc peut-il produire des fantômes ? ». Au lecteur de juger. Cependant, en faisant sortir ces oubliés devenus fantômes, en les mettant dans son livre Hors les parcs, l’auteur produit, à partir d’eux, des existences tangibles. Et là est le véritable pouvoir de l’ouvrage de Fouché : écrire contre l’oubli et rendre ainsi une dignité à ceux qui avaient perdu jusqu’à leur identité.

Albain Le Garroy

Série discrète, 128 pages, 18

Hors les parcs de Benjamin Fouché Par Albain Le Garroy
Le Matricule des Anges n°275 , juillet 2026.
LMDA papier n°275
7,30  / 8,30  (hors France)
LMDA PDF n°275
4,50