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Entretiens Cessations progressives

novembre 2024 | Le Matricule des Anges n°258 | par Gilles Magniont

« Les morts font un boucan du diable » dans le dernier polar de Xavier Boissel où, comme un poison, se diffusent nos années 1980.

Avant l’aube (2017) puis Sommeil de cendres (2022) s’attachaient aux méfaits du SAC, l’officine privée du gaullisme ; nous voilà rendus, avec ces Fonds noirs, dans l’antichambre du pouvoir mitterrandien : sur la piste d’un expert-comptable et de son suicide, qui mène Fabien Wouters – « grand échalas de flic nonchalant » au bord de la retraite anticipée – jusqu’au scandale d’État. Soit l’alliance d’une société d’armement avec de très pragmatiques socialistes qui savent discrètement armer l’Iran, alors même qu’ils s’affichent comme l’allié de l’Irak.
C’est donc 1986, où se croisent les figures historiques et romanesques : commerciaux qu’exalte la concurrence, jeunes trotskistes pérorant comme autant de chefaillons en devenir, étudiante en Perfecto et son dandy de compagnon qui règle ses pas sur la new wave, « ce bruit qui pensait », exécuteur mutique auquel « il ne restait plus que la sciure des mots »… Et au milieu, Wouters qui semble donner la main aux collègues disparus des deux précédents livres, spectre parmi les spectres « tétanisé » par un monde « en poussière » d’où la grâce a disparu. Ici plus de violence explosive, mais des passants « encagés dans leur tristesse », des rêves où l’on entre « comme on plonge dans un lac », une brume qui se lève comme la « lente annulation du futur » – l’expression est du situationniste Bifo, mais parmi d’autres hommages et réminiscences elle ne gêne en rien l’immersion dans ces Fonds noirs, et contribue plutôt à l’émotion pure du gâchis. Très loin d’édifier, Boissel nous laisse sur un sentiment politique bien plus que sur un propos ; et, parvenu à un miracle d’équilibre, concentrant sa narration linéaire tout en la mêlant d’embardées, il donne à ressentir un système qui n’a même plus besoin de tuer les gens pour les faire disparaître.

Aviez-vous dès l’origine l’idée d’une trilogie ?
Je voulais depuis longtemps écrire des polars. Mon point de départ, c’est Ellroy, son Quatuor de Los Angeles et sa trilogie Underworld USA. Je m’étais souvent dit, dans notre histoire récente, on a nous aussi un matériau romanesque : j’étais par exemple très étonné que personne n’exploite le SAC, sinon de manière marginale. Et j’avais envie dès le départ de trois ou quatre romans qu’on pouvait lire séparément, mais qui suivent une temporalité : Avant l’aube commence en octobre 66, Fonds noirs se termine janvier 87, en gros deux décennies, et c’est vraiment ces deux décennies que je voulais couvrir. Il y avait bien sûr une contrainte commerciale : si ça ne marchait pas, ce serait juste un one shot.
Avant l’aube est raconté à la première personne, Sommeil de cendres à la troisième, et ce dernier roman mélange les deux. Je me suis là aussi inspiré des systèmes énonciatifs d’Ellroy, avec l’idée que le dernier volet, censément synthétique, est en fait une synthèse impossible : sa forme ne dépasse pas les précédentes, parce qu’on avance mal dans ces années 1980 qui ne tiennent aucune de leurs...

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