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Dossier Jacques Réda
Plaisir à Réda

novembre 2024 | Le Matricule des Anges n°258

Chercher une issue était devenu mon chagrin depuis la mort de Jacques Réda. Vieille quête de l’issue du reste, n’ayant pu entrer, et donc me passionner comme j’aurais dû, car j’entendais qu’on parlait d’une grande et belle écriture. Moi, je la trouvais trop large. Une œuvre aussi importante et riche devait forcément avoir une issue pour la lectrice éperdue de poésie que j’étais. Mais l’œuvre se tenait devant moi, énorme, polymorphe, impressionnante – fermée. Boudant mon plaisir alors que je brûlais de lui céder, d’entretenir avec elle ce lien profond que j’avais eu tout de suite avec Mandiargues, Jaccottet, Reverdy, Dupin.
Une rebuffade de toute l’œuvre, jusqu’à ce jour récent où je découvris par hasard « La Porte ». Bref poème en vers, et entrebâillement vers un intérieur secret. Le plaisir immédiat et la chaleur à la lecture comme à celle d’Algernon Blackwood, pas moins, et dans ce très court moment intime la certitude de m’être enfin faufilée, quand bien même par cette mince ouverture, dans le cœur du poète.

Et pourtant c’est ainsi : l’on voit, par la porte battante,
Une lumière qui s’approche, hésite puis s’éteint.
Souvent l’attente se prolonge. Et seul, à qui sourire
En silence ? Personne. Et qui nous répondrait de loin
Si l’on criait ? Personne encore. Un jour on croit rêver,
Un autre jour, mourir – et vraiment c’est un songe, et c’est
Aussi la mort. Passent parfois deux lévriers timides
Et plutôt soucieux et qui font mine d’en savoir long
Sur le sens de la vie. Incidemment la porte cesse
De battre et l’on se dresse en criant plus fort dans le noir ;
Ou bien la clarté s’établit, et l’on distingue enfin,
Pour un instant, ce qu’on ne peut pas dire ni comprendre.


Une sacrée leçon de méditation s’ouvrait à moi à cet instant, et j’en goûtais la cadence à la fois ample et brisée. Le rythme que je retrouvai alors partout me suivit. D’élan, certainement était-il question, et de ce qu’il affolait la lyre qui en était toute chose. Une prière swinguée, un peu déglinguée par l’inquiétude. Pourquoi pas, Amen (1968) était le point de départ poétique, la mystique anxieuse.

Sophie Loizeau

* Dernier livre paru : Poèmes paniques, 1999-2020 (Lanskine, 2024)

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