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Domaine français Parle, de Noémi Lefebvre

avril 2021 | Le Matricule des Anges n°222 | par Chloé Brendlé

Mais, que fait une petite cuillère debout seule au milieu de l’herbe verte ? Est-elle la laissée-pour-compte d’un pique-nique gentillet ou la vigie aux aguets d’une nouvelle lutte des classes ? L’image de couverture du nouveau livre de Noémi Lefebvre nous intrigue et nous entraîne dans une drôle de compagnie. Une voix, sommée de parler, est assaillie de remarques sans trop de rapports, a priori. Ces remarques sont anodines, consensuelles et aussi mesquines, un peu peureuses, déraillantes : « Nous aimons les gens gentils », « – Nous restons extrêmement vigilants / – Ainsi évitons-nous de très nombreux sujets / – Presque tous, en fait / Nous ne savons pas ce qu’il faut penser mais nous essayons de nous y conformer », « Nous nous démerdâmes surtout comme nous pouvâmes, en fait ». Ces remarques coagulent un « nous » passe-partout, moyen comme la classe du même nom, cultivé et culpabilisé comme un bourgeois conscient de l’être ; cela se passe dans un coin de Normandie mais cela pourrait aussi bien avoir lieu ailleurs.
Dans Parle, Noémi Lefebvre enfile les perles des lieux communs, avec une attention à la conversation qui la situe entre Flaubert et Sarraute, et selon une rhétorique de l’idiotie à la Quintane. Mais Parle ne s’arrête pas là puisqu’il est suivi de Tais-toi. Paradoxalement plus feuillu et bavard que Parle, Tais-toi se lit comme une postface ironique dans laquelle l’auteure irait jusqu’au bout de son admiration pour Flaubert et de son travail sur le rien et surtout les riens de la bêtise (« À force de ne pas être bête, comme l’ignorent les mondains, on devient vraiment con. »), tout en tentant d’expliquer ce qu’elle n’a pas voulu faire avec Tais-toi (un roman, une pièce de théâtre, du cinéma, etc.). Le dispositif en miroir est efficace, cela grince et nous fait réfléchir : d’où parlons-nous et jusqu’où peut-on être cohérents, politiquement, éthiquement, littérairement ? Mais le lecteur se sent aussi à la merci d’un texte bouclé, saturé, qui ne lui laisse bizarrement que peu d’espace.

Chloé Brendlé

Parle
Noémi Lefebvre
Verticales, 138 pages, 14

Parle, de Noémi Lefebvre Par Chloé Brendlé
Le Matricule des Anges n°222 , avril 2021.
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