La rédaction Thierry Guinhut
Articles
L'exil et le départ
Dissidence politique et lyrisme poétique par le Russe Joseph Brodsky.
Si la poésie éclaire le monde, celle du Russe Joseph Brodsky est Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires. En cette vaste anthologie poétique 1961-1996, le prix Nobel de littérature 1987 bouscule un programme tant historique que géographique.
Né en 1940 à Saint-Pétersbourg – alors Leningrad – et mort à New York en 1996, il a traversé la fin du stalinisme, puis celle du communisme, quoique la Russie n’ait pas abandonné son tropisme impérial. N’écrivait-il pas : « L’Empire est un pays pour imbéciles ». En conséquence, il n’y fut guère publié, car son anticonformisme, son rejet du...
Exercices de Staël de Stéphane Manel
Peinture, dessin, a fortiori textes, voici des modes d’expression complémentaires, voire opposés. En ses Exercices de Staël, Stéphane Manel les entrechoque, les réconcilie, confiant en l’aisance de son joli jeu de mots. Le déclencheur de ce livre hybride est la stupeur causée par le suicide de Nicolas de Staël, alors que son immense Concert, tout de noir et de rouge, n’était pas encore...
Maniac de Benjamín Labatut
Nous connaissions Benjamin Labatut, romancier de langue anglaise et résidant au Chili, né en 1980, pour un érudit des sciences du XXe siècle. Après Lumières aveugles (Seuil, 2020), qui confrontait chimie et physique des particules à la folie, ce nouveau roman touffu et généreux n’échappe pas à ce tropisme. À partir de la figure de John von Neumann (1903-1957), pionnier de la mécanique...
Le Panopticum d’Andreï Sobol
Dépression personnelle ou effet de la tyrannie soviétique ? Le Russe Andreï Sobol (1888-1926) réussit, après deux tentatives, son suicide. En raison de sa foi idéaliste dans la passion révolutionnaire, il connut autant le bagne tsariste que la prison communiste, et se vit bafoué par le dogme du réalisme socialiste. Il sut néanmoins réussir un étonnant roman qui tient à la fois de la satire...
La Symphonie atlantique de Hubert Haddad
Considérable est la dichotomie entre les tyrannies politiques et l’art, sauf si ce dernier devient un outil de propagande. Clemens en fait la douloureuse expérience, lui qui se voue à la musique allemande, alors qu’elle est dévoyée par le nazisme. Le jeune pianiste de La Symphonie atlantique opère sa « nymphose » parmi la Haute-Forêt-Noire, alors que bientôt c’est le violon qui...





