La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Des livres
Bibliothèque tournante
de
Gérard Macé
Silhouette parlante
de
Gérard Macé
L’ellipse plutôt que la perfection du cercle
Deux livres de Gérard Macé – l’un d’entretiens, l’autre de poèmes – pour plonger dans une écriture fondée sur la trouvaille et la reconnaissance, le désir d’enchantement et le vœu de lucidité.
Une simplicité savante, le phrasé unique d’une parole intérieure, une façon d’entremêler le savoir précis et la ferveur du réel, la rêverie et l’enquête, le mouvement d’une vie et le rythme du monde donnent aux livres de Gérard Macé un pouvoir de vérité et une force de retentissement rares. Depuis son premier livre, Le Jardin des langues (1974), qui, avec Les Balcons de Babel (1977) et Bois...
Je me regarderai dans les yeux de Rim Battal
Il y a dans la façon d’écrire de Rim Battal quelque chose qui concentre le Sensible et vient à nous pour donner figure et présence à un réel du corps et de l’expérience. Pour elle, pas d’inavouable ou d’informulable mais un désir de dire qui sait trouver d’instinct l’intonation appropriée. Il suffit de lire ses poèmes – Les Quatrains de l’all inclusive ; Mine de rien ; L’Eau du bain ; X et...
L’enfant qui a perdu son frère
En un livre qui nous fait devenir le contemporain anachronique de la très émouvante histoire de deux frères, Francis Grembert donne présence à l’absence sur fond de monde rural en train de finir.
Tout entier né d’une écriture du punctum, de ce qui point et poigne, Les Deux Tilleuls est un livre frémissant de beauté mélancolique, si par mélancolie on entend un mode de rapport, dans le présent, à ce qui est perdu. Il nous plonge dans l’intimité de deux frères, Francis, 7 ans, le narrateur, et François, 4 ans, deux enfants des hameaux et des lieux-dits, de l’herbe folle et des champs,...
Ce qui s’oppose à un « nous »
Comment l’altérité, ce qui n’est pas soi-même, a-t-elle été pensée ? Entremêlant simples destins et réalités historiques, Bruno Remaury donne corps et voix à la rencontre de l’Autre. Pour le meilleur et pour le pire.
Avec constance et talent, Bruno Remaury poursuit son inventaire de la façon dont la modernité a changé les cadres de pensée à l’aide desquels on considère le monde qui nous entoure. Après notre rapport à l’espace (Le Monde horizontal), au temps (Rien pour demain), aux choses (L’Ordre des choses), à l’enfance (Le Pays des jouets), c’est au regard qu’on pose sur l’autre, proche ou lointain, que...



