La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Grâce et fureur
Dans J’écris l’Iliade, c’est l’acte créateur comme objet de désir et comme hantise qu’illustre Pierre Michon. Une sorte de chant où viendraient s’enfenestrer l’infini et l’érotisme.
Incarné, ostentatoire, charnel le dernier livre de Pierre Michon. Épique, à une époque où l’épopée a depuis longtemps disparu, il relève des commencements toujours recommencés et de l’impulsion qui jette en avant. Au temps qui tue, aux moments d’effondrement, ce livre oppose l’inaugural, l’invention mythique, l’ivresse du désir et ce, à travers une pratique copulatoire de la langue. Il le...
Un cri qui ne crie pas
Pour Benoît Conort, la poésie est le lieu de l’inconsolable, celui où se relie ce qui a été séparé mais où se célèbre aussi l’envie d’être vivant.
Libre de ton et de forme, particulièrement critique envers les prestiges du langage et de la prosodie, la parole lyrique de Benoît Conort procède d’une colère générée par notre finitude, notre état d’être mortel. « Je ne conçois pas de poésie qui ne soit funèbre parce que justement, un trou attend, dans cette terre, qu’un corps le comble, parce cela même qui lui a donné naissance attend sa...
Un livre
Un cri derrière la porte
de
Philippe Comar
Ce qui dure de l’éphémère
À travers la reviviscence de scènes de son enfance, Philippe Comar s’attache à la façon dont elles ont façonné l’artiste qu’il est devenu.
C’est un voyage aux sources de ce qui allait faire de lui un dessinateur, un plasticien, un théoricien et un écrivain que nous propose Philippe Comar dans Un cri derrière la porte. S’il évoque, pour commencer, ce qui aujourd’hui encore le plonge dans une terreur irrationnelle – un cri, la nuit, provenant de la rue –, c’est pour revenir à l’origine de ce trauma, lorsqu’à 5 ou 6 ans, rien ne...
Creuser dans la nuit
Au fil d’une écriture organique et corrosive, David Ducreux Sincey signe un premier roman qui, entre initiation et emprise, donne visage au mal.
Explorant et détournant le processus de base du roman d’apprentissage –processus par lequel un personnage, durant la période cruciale de sa formation, déploie les possibilités qui sont en lui, se forme et se transforme au contact du monde, découvre son pouvoir et ses limites – David Ducreux Sincey réussit, avec La Loi du moins fort, une entrée remarquable en littérature. Il y relate, à la...



