La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Aux sources du noir
Sous les auspices de l’ange ténébreux et des yeux sans nombre que la nuit peut faire s’ouvrir en nous, Jacques Henric interroge le mal qui fait revivre.
À l’origine de La Nuit folle, deux réalités : la vive admiration de Jacques Henric pour l’œuvre de Joë Bousquet (1897-1950) – un inclassable comme Bataille et Jouve, un poète qui se tint dans le noir, à l’écart du penser-comme-il-faut – et un vif intérêt pour « l’insolite tribu d’adolescentes » qui gravitait autour de lui. À quoi s’ajoute son empathie, pour ne pas dire son amour, pour les...
L’encre et la foudre
Ils savaient manier le fouet des mots comme la cruauté brillante. Publication d’une anthologie du Journal des frères Goncourt.
Vivacité de style, violence d’épithètes, phrase papillon ou phrasé respirant, le français qu’écrivent les frères Goncourt fait voir, entendre, palper, humer le réel qu’ils observent et l’humanité qu’ils croquent au fil de leur Journal. Ce monument littéraire qui a éclipsé leurs romans, cette œuvre singulière couvrant un demi-siècle (1851-1896), une anthologie, la toute première, nous permet...
Un passant considérable
En publiant son autobiographie, c’est la vie d’un maître du gai savoir et d’un nomade intellectuel que nous propose Kenneth White. Celle d’un éveilleur qui est un authentique éveillé.
Un grand existant, un homme qui n’a jamais fait les choses comme tout le monde, qui a toujours été dans l’en-dehors, qui vit sa vie comme une expérience « sans principe, sans modèle, sans but fixé à l’avance », voilà comment apparaît Kenneth White dans son autobiographie. Titrée Entre deux mondes – le matériel et l’intellectuel, l’existentiel et le conceptuel, le contemplatif et l’expressif...
De la désirance en braises
Hymne à la chair, la poésie de Patrizia Valduga traverse les peaux et impose une voix dont la foudre lente irradie le merveilleux néant de l’amour.
Lent quatrains à rimes croisées, quatre cents vers faits d’hendécasyllabes – le vers de la tradition italienne – pour dire la nuit d’amour d’un homme et d’une femme qui acceptent de se soumettre aux exigences d’Éros, qui se parlent, se touchent, s’accouplent et s’essaient à ce qu’offre le sexe quand, dans la fièvre et l’avidité brutale du désir, il incite à être tout, et même ce que...




