La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Un adieu à la fraîcheur du sauvage
Bruno Remaury balise la manière dont la modernité a radicalement modifié notre façon d’appréhender ce qui nous entoure.
Il y a quelque chose d’impitoyable dans la marche en avant de la modernité. Bannissant tout imaginaire, elle nous a fait passer d’un monde dans lequel tout n’était que signes et correspondances à un monde sans ailleurs ni mystère, comme recroquevillé sur son identité. Ce sont quelques moments charnières de cette réalité, captés à fleur de vie et organisés en des tapisseries brodées non pas de...
Pluriel en sa singularité
En regardant les lieux et les moments où il a été comme des fragments d’un même rêve, c’est sa part d’altérité que découvre Gérard Titus-Carmel.
L’une des vertus du rangement est de ménager des surprises, de permettre des découvertes comme celle qui a donné naissance à Ajours. En retrouvant une boîte de photographies datées de son enfance, Gérard Titus-Carmel se voit confronté à un corps qui fut le sien mais qui lui est devenu totalement étranger. Choisissant alors quelques-uns de ces clichés oubliés – reproduits dans le...
Une traversée du miroir
Niki de Saint Phalle a peint à la carabine, imposé ses Nanas à la rue. Amazone iconoclaste et révoltée, elle ne pouvait que séduire Gwenaëlle Aubry.
Cela manque d’enfance, estimait Louis XIV, d’un plan de Marly, qu’il voulait être opposé à celui de Versailles. Ce manque d’enfance, on ne saurait le reprocher au Jardin des Tarots qu’a conçu et réalisé, en Toscane, et durant près de vingt ans – de 1979 à 1996 –, Niki de Saint Phalle à qui Gwenaëlle Aubry consacre son dernier livre.
Un jardin qu’elle nous propose d’explorer pour ce qu’il...
La pitié et la terreur
Tout en perceptions sensorielles et sens de la fatalité, le cinquième roman de Jean-Baptiste Del Amo nous plonge dans le vertige mortel d’un homme aux prises avec une ascendance gangrenée par la violence.
Après Règne animal (Gallimard, 2016), son roman réquisitoire sur la souffrance animale, c’est le thème de la transmission que s’attache Del Amo dans Le Fils de l’homme, à la façon dont, du père au fils, se transmet la violence. Et très symboliquement les protagonistes n’ont pas de nom, ils incarnent les figures génériques de la cellule familiale, à savoir le père, la mère et le fils. Un...




