La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Vive l’épique !
Débarrassé de son rapport consubstantiel à la guerre, le poème épique devient le véhicule prosodique idéal pour exalter les différentes façons d’habiter poétiquement sa vie. Démonstration et illustration par Jacques Darras.
Au sens instinctif de l’indépendance qui le caractérise, Jacques Darras ajoute le goût de la navigation dans l’espace et la pensée. Poète et traducteur (Whitman, Blake, Coleridge, Malcolm Lowry, Seamus Heaney), il est aussi l’inventeur d’un vers « parlé marché » aussi entraînant que charnellement joyeux. Car tout chez lui participe d’un désir d’accroissement d’être et d’un sens inné de...
Ce qui meurt et ce qui demeure
En quête d’une parole non altérée par la rationalité occidentale, la poésie de Monchoachi rend sensible le « sans voix » et réveille des langues sauvages.
Passionnante entreprise que celle de Monchoachi, pseudonyme d’André Pierre-Louis, un poète martiniquais, né en 1946. Elle consiste à explorer différents univers langagiers et culturels à travers le prisme de la langue créole et celui des mythes, rites et mystères aujourd’hui recouverts par ce qu’on nomme la Civilisation. Une ambition épique tenant de la geste et d’une sorte de grand poème...
L’envers de la musique
À travers la vie de quelques musiciens du Grand Siècle, c’est le rapport au corps, à l’amour et à la mort qu’explore Pascal Quignard.
Penser, écrire dans les marges de la société et de l’histoire, revenir vers l’origine – du langage, de la musique, de l’amour –, arracher à l’oubli des figures dédaignées ou inconnues, recueillir, collectionner un peu de ce qui fut, s’approcher toujours plus de cette réalité occultée qui gît sous l’indicible, voilà ce qui nourrit l’œuvre de Pascal Quignard, et innerve L’Amour la mer, son...
Un enraciné aux semelles de vent
Inclassable et contradictoire, mystique et terre à terre, diplomate et dramaturge, qui était vraiment Paul Claudel ? Une biographie signée Claude Pérez le rend à sa multiplicité.
Peu d’écrivains ont été comme Claudel enfouis sous leur caricature. Il suffit de prononcer son nom pour que les ricanements pleuvent : dogmatique, cul béni couvert d’honneurs, homophobe, bourreau de sa sœur Camille, intolérant – « La tolérance ? Il y a des maisons pour cela. » Il dérange, il agace, mais il s’en moquait. C’est un ours, mais un ours qui se rit de son apparence, fréquente...




