La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Le Poète est sous l'escalier de Jacques Lèbre
Les lecteurs que nous sommes savent qu’il est des lectures qui en réveillent d’autres. Une phrase lue suscite un souvenir, déclenche un écho, engendre une résonance. C’est ce genre de correspondance qui se produit dans l’esprit du lecteur, et qui apparie des auteurs et des regards semblables sur un même thème, que Jacques Lèbre collectionne. Une suite de saisies, un patchwork de citations...
Tableau vivant
Dans son nouvel opus, qui dit à la fois la perte et la restitution, Jean-Paul Goux prouve que les seuls plaisirs littéraires sont des plaisirs de la langue.
Roman tout entier porté par des voix dont l’oralité ne se confond jamais avec le parlé, Tableau d’hiver vibre d’un usage voluptueux de la langue et relève de ce pur plaisir du roman qui n’a rien à voir avec la littérature d’agrément ou ce que Flaubert appelait « l’art joujou », celui qui « cherche à distraire comme les cartes, ou à émouvoir comme la cour d’assises ». Il est de ces romans...
Picabia, marginal à jamais
Insoumis, il a été comparé à un Christophe Colomb de l’art qui naviguerait sans boussole et n’a jamais obéi qu’au plaisir d’inventer. Bernard Marcadé lui consacre un livre ultradocumenté qui se lit comme un roman.
Il aura vécu pied au plancher et sa peinture comme ses écrits n’auront jamais été que des reflets de sa vie. Une manière de dire oui à la vie, qui se traduisit par le goût du scandale, une soif d’événements, un incessant besoin d’amour, des achats compulsifs – de maisons, de voitures (il en posséda 127), de bateaux. « Je suis païen et immoral, j’ai toujours besoin de plusieurs femmes...
Des livres
La Plume dissipee
de
Patrick Wald Lasowski
Saint Sébastien martyr
de
Patrick Wald Lasowski
Savant et enchanteur
Deux nouveaux livres de Patrick Wald Lasowski pour savourer l’acuité d’un regard et une érudition qui tient de la prestidigitation.
Éminent spécialiste de la littérature et de la sensibilité libertine – il a dirigé l’édition des Romanciers libertins du XVIIIe siècle à la Bibliothèque de la Pléiade –, auteur d’essais consacrés au roman du XIXe siècle, Patrick Wald Lasowski ne cesse d’interroger l’imaginaire de ces siècles. Après avoir élu un foyer fantasmatique, un objet, un thème qui cristallise une dynamique mentale, ou...



