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La rédaction Gilles Magniont

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Articles

L' Espion qui aimait les livres

de John le Carré
Le retour du roi « Pourquoi ce texte était-il resté dans son tiroir de bureau ? » demande son fils dans une pudique postface : voilà le nouveau John le Carré, merveille d’adresse et d’humanité. Ce n’est donc pas son « dernier » livre, qu’il aurait achevé juste avant sa mort survenue en 2020, mais un roman écrit il y a environ dix ans, et qui n’avait pas encore passé le stade des épreuves. L’Espion qui aimait les livres, titre conçu pour le marché français, est sans doute vendeur, mais d’une astuce un peu convenue, entre clin d’œil à James Bond ou à l’auteur lui-même. Silverview, dans la version originale, peut renfermer une signification plus profonde : des germanistes (dont était le Carré) pourraient y reconnaître le nom de la villa (Silberblick) où Nietzsche passa ses...
octobre 2022
Le Matricule des Anges n°237

Robert Mitchum - L’homme qui n’était pas là

de Lelo Jimmy Batista

Comme un acteur

Entre silence, retrait et rupture, certaines figures hollywoodiennes ont le don d’inspirer les stylistes : Nick Tosches avait narré l’existence de Dean Martin, prince des branleurs ; Philippe Garnier, plus récemment, celle de Sterling Haydn, l’irrégulier  ; et désormais c’est Lelo Jimmy Batista qui consacre un petit essai biographique à Robert Mitchum (1917-1997). Il le fait sans expression...
mars 2021
Le Matricule des Anges n°221

Swag

de Elmore Leonard

L’art invisible

Redécouverte de Swag, où Elmore Leonard faisait merveille avec deux voleurs et trois bouts de ficelle. Difficile de comparer dans le détail cette nouvelle traduction avec celle que Gallimard publia en 76, sous le titre Plus gros que le ventre : recalibrage oblige pour la collection « Super Noire », des pans entiers (phrases, paragraphes, et même chapitre) s’y trouvaient charcutés. L’histoire évidemment demeurait : mais l’histoire ici, il faut bien dire que c’est peu de chose. Frank Ryan est...
janvier 2021
Le Matricule des Anges n°219

Le Tampographe

Chroniques de la rue du Repos
de Vincent Sardon

Créateur d’ambiance

Avec ses Chroniques de la rue du Repos, le Tampographe Sardon mixe cabinet de curiosités et contes cruels. Résumé des épisodes précédents : c’est après avoir notamment œuvré dans la bande dessinée et le dessin de presse que Vincent Sardon, à l’orée des années 90, eut l’idée de confectionner des tampons. Lesquels envahirent peu à peu son existence, de sorte que Sardon se rebaptisa Le Tampographe, démiurge d’un atelier/boutique en contrebas du Père-Lachaise, entre presses, bidons de produits...
janvier 2021
Le Matricule des Anges n°219

L' Homme aux trois lettres

de Pascal Quignard

Play it again, Pascal

Le Dernier royaume de Quignard s’agrandit d’une pièce, un peu pareille aux autres, mais très belle. Dans le monde littéraire, quelle place occupe-t-il aujourd’hui ? On continue d’apercevoir ses gros sourcils, sur les présentoirs des libraires, au hasard d’une émission, ou ces jours-ci dans une exposition de la Bnf ; pour autant, il n’est pas certain qu’il fasse encore événement éditorial, surprise ou débat : comme si nous nous trouvions rassasiés de ce Dernier royaume et de sa régulière...
novembre 2020
Le Matricule des Anges n°218

Médiatocs – chronique

Génération écran plat Mazarine Pingeot, fille de et future mère, met sa vie en forme.Puis vend sa télé. Je reste enfermée dans la maison. Ma chienne préfère le sommeil, je ne la comprends pas » : trois propositions, quelques mots très simples, Mazarine effleure le mystère du règne animal. Puis, dans la même page, elle évoque le chat, le cheval, ou encore la grenouille. Mais comme cette dernière rappelle Kermitterand, la future mère a ce cri déchirant : « Peut-être vendrons-nous la télé quand tu arriveras. » Certains diront qu’il est bien des gens qui se débarrassent de leur télé, mais peu qui la vendent (sauf nécessité extrême), et que Mazarine n’est donc pas très généreuse, un peu petite...
juin 2005
Le Matricule des Anges n°64

Avec la langue – chronique

Un peu plus près des étoiles Avec vingt ans d’avance, la troupe Gold avait trouvé la formule de l’art contemporain. La trentaine détendue fait danser ses enfants au rythme des djembés, les chapelles ruissellent de mises en voix, Mathilde Monnier reprend du rosé : voici venue la saison du spectacle vivant. Mais les joies du live recouvrent le verso non moins solaire des festivals : le Programme, prose dédaignée comme la servante qui n’aurait d’autre rôle que de nous mener à sa maîtresse, la représentation. Or c’est dès les rives du rédactionnel que le désir d’art peut être comblé, en témoignent les deux cents grammes d’Avignon 2008, œuvre en soi dès son premier paragraphe. Valérie Dréville « ne veut pas...
juillet 2008
Le Matricule des Anges n°95

Le patois c’est moi

L’époque a trouvé son mot d’ordre : sous les biloutes, la France !. Puisque cette œuvre ne montre presque rien du Nord/Pas-de-Calais (sinon quelques briques, deux trois toiles cirées, un bout de littoral), puisqu’en masse les spectateurs en reviennent pourtant remplis comme d’une savoureuse démonstration, rendons-nous à l’évidence du Verbe : c’est la part de dialogue qui fait à elle seule toute la valeur anthropologique de Bienvenue chez les Ch’tis, dont...
juin 2008
Le Matricule des Anges n°94

Cela pourrait choquer

Quelques nuages de censure, au ciel menaçant des bienséances. Au début du XXIe siècle : La Nouvelle Star, majesté terrible du jury, et que dire de la salle (prononcer à l’araméenne : pavillon Baal-TÂR), quand c’est au tour du dénommé Ycare, éventuellement de sang cimmérien, de faire ses preuves sur Le Chanteur de Daniel Balavoine. Lio et son tribunal diront parfait, il faut le garder, mais ne souffleront mot d’un alexandrin altéré. Balavoine en son...
mai 2008
Le Matricule des Anges n°93

Courrier du lecteur – chronique

L'homme qui aimait les livres Coups d’œil sur « Le Dictionnaire Truffaut », où les romans se font devant et derrière la caméra. « J’espère que vous garderez longtemps cette gravité du regard et cette façon simple et un peu malheureuse de vous exprimer », écrivait joliment Genet au jeune Truffaut. À parcourir le Dictionnaire, on ne s’éloigne jamais longtemps de la chose littéraire. D’abord, parce que les films sont ici le plus souvent des adaptations, au gré des lectures éclectiques de l’autodidacte : David Goodis pour Tirez sur le pianiste, William Irish pour La Mariée était en noir, Henry James pour La Chambre...
novembre 2004
Le Matricule des Anges n°58

Espèce de Hongrois !

« Tout est pur à ceux qui sont purs » (Saint Paul) : promenade guidée au doux pays de l’Injure. Bougnoule/ Niakoué/ Raton/ Youpin/ Chinetoque/ Putain/ Maquereau/ Macaque/ Chien » pour ceux que n’aurait pas rassasiés cet Hymne à l’amour de Jacques Dutronc, les éditions 10/18 rééditent les travaux de Robert Edouard, publiés une première fois en 1966. Voilà un tombereau qui en impose, avec plus de huit cents pages découpés en deux volumes, le Dictionnaire des injures venant accompagné de...
octobre 2004
Le Matricule des Anges n°57

Quelques déflagrations

Bang ! dévoile et commente toutes sortes d’images. Il y a les images des bandes dessinées, bien sûr, avec notamment l’interview d’Alan Moore, scénariste britannique assez génial qui donne de très politiques contours aux superhéros de papier (on lui doit entre autres les Watchmen et V pour Vendetta) ; mais aussi les images qui cherchent à échapper au livre et recherchent pour ce de nouveaux...
mars 2004
Le Matricule des Anges n°51