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Dossier Jean Echenoz
Impressions d’Afrique

février 2025 | Le Matricule des Anges n°260 | par Guillaume Contré

Un homme se jette de la fenêtre d’un immeuble et s’écrase au sol. Au même moment, un autre sort du même immeuble, semble ne rien remarquer et s’éloigne, plongé dans ses pensées, alors qu’il fait « trop frais pour la saison ». Il n’a rien vu et peut-être rien entendu, puisque le bruit d’un corps qui s’écrase n’est « pas plus distinct que celui d’un sac de ciment chu d’un échafaudage ». Double mouvement contradictoire que cette entame narrative donc, où l’absurde et le dramatique côtoient le néant quotidien et l’information objective. En un paragraphe à peine, l’amplitude de registre est grande. S’il n’est certainement pas un écrivain minimaliste, Jean Echenoz est en tout cas passé maître dans l’art de faire beaucoup en peu de phrases.
Bristol, son dix-septième roman, ne fait que 200 pages et parvient pourtant à mêler savamment toute sorte d’éléments. Du vaudeville, en faisant d’un immeuble de la rue des Eaux, dans le XVIe arrondissement parisien, le lieu d’une série d’amours plus ou moins clandestines impliquant une actrice sur le retour, un officier de police judiciaire et un milicien africain. Du récit d’aventures, à travers une histoire de tournage en Afrique australe avec éléphant, hélicoptère et acteur au narcissisme exacerbé. De la satire légère avec le portrait d’une écrivaine de roman à l’eau de rose dans son luxueux château. Du roman policier, puisqu’il faudra bien tirer au clair ce mystérieux suicide inaugural. Et enfin, axe central autour duquel s’organise le reste, l’exploration d’une vie bancale comme Echenoz les aime tant, celle en l’occurrence de Robert Bristol, l’homme excessivement distrait que nous venons de voir sortir de chez lui.
Réalisateur de films au succès relatif dont la qualité semble sujette à caution, il se lance dans le projet d’adapter un des best-sellers de Marjorie des Marais au titre plus dégoulinant que nature – Nos cœurs au purgatoire – et intrigue à l’avenant qu’Echenoz se fait un malin plaisir de résumer. L’écrivaine impose à Bristol sa protégée pour le rôle principal, Céleste Oppen, qui se révélera moins cruche qu’il n’y paraît et constituera un mystérieux point de fuite narratif.
On part donc filmer en Afrique « dans le bassin versant du Limpopo » et ce qui ne démarrait pas si mal avec « une scène un peu mouvementée » destinée à « tout de suite mettre les acteurs dans le bain » vrille lorsque des miliciens lourdement armés débarquent sur le tournage et imposent leur menaçante présence comme figurants. Mais il se trouve que leur leader possède une solide connaissance du cinéma d’auteur en général et allemand en particulier, ce qui donne lieu à quelques échanges décalés, manière bien echenozienne de détraquer les rouages du romanesque, lesquels de toute façon ne tournent jamais tout à fait rond chez lui.
Le cinéma, source d’inspiration qu’Echenoz n’a eu de cesse de réinventer au fil de ses livres, s’incarne donc ici directement. Le stylo-caméra décrit cette fois de véritables...

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