RUBRIQUE Textes & images
Les articles
Seul au monde
Dans une très picturale adaptation du roman de Mary Shelley, David Sala nous livre un Frankenstein immensément fragile, dont il fait une poignante figure d’exclusion.
Un homme marche, minuscule silhouette perdue dans la neige. C’est Victor Frankenstein, hagard… Retour en arrière : il est jeune, riche, un brin dandy. Fasciné par les expérimentations scientifiques, et notamment les travaux du médecin alchimiste Paracelse, il donne vie à une créature – qu’il ne nomme pas – fabriquée à partir de morceaux de cadavres récupérés dans un cimetière. David Sala rompt avec l’image que nous avons tous en tête, celle de Boris Karloff dans le film de James Whale. Du monstre de 1931, il garde les coutures mais en fait une silhouette géante, bleutée, au visage...
Les filles de l’intérieur
« La vie de travesti peut être la plus heureuse qui soit » : la preuve par l’image et par la Casa Susanna, rêve fragile d’une existence mise en jolis plis.
Tout commence en 2004, avec un marché aux puces new-yorkais où deux antiquaires découvrent un carton de 340 clichés : comme des photos de famille dénuées d’ambition esthétique, portraits frontaux et appliqués scandant un quotidien sage et épanoui. Rien d’extraordinaire, à ceci près que ces jours heureux s’incarnent par des hommes travestis en femme. Dans le carton, une carte de visite au nom...
Tablettes de bois vivant
Dans un essai pensif et délicat à l’image de son objet, Jean-Christophe Bailly dialogue avec les portraits du Fayoum.
Macula réédite, augmenté d’une préface de l’auteur, cet « Essai sur les portraits du Fayoum » – son sous-titre – publié par Hazan en 1997. Le livre comporte 69 illustrations, une sélection parmi le millier de ces « portraits romano-égyptiens ou portraits gréco-romano-égyptiens » comme les spécialistes les appellent. Visages de femmes, d’hommes, d’enfants peints sur bois, les premiers...
Un zaïmph tout neuf
Réédition de la rutilante version de Salammbô illustrée par Suzanne-Raphaële Lagneau, artiste oubliée des années Art déco.
C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar.
Les soldats qu’il avait commandés en Sicile se donnaient un grand festin pour célébrer le jour anniversaire de la bataille d’Eryx, et comme le maître était absent et qu’ils se trouvaient nombreux, ils mangeaient et ils buvaient en pleine liberté. »
Parmi les plus célèbres de la littérature française du XIXe siècle, les...
Mesures du désert
Nous avons décidé il y a longtemps déjà que nous marcherions à huit mètres les uns des autres, fouillerions du regard jusqu’aux pieds du voisin, et tournerions résolument le dos au soleil trop éblouissant. Que nous ne progresserions ni trop vite ni trop lentement. » Parmi les chasseurs de météorites réunis régulièrement dans le désert d’Atacama se trouve Matthieu Gounelle, chercheur du Muséum...





