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Les articles
Spleen en noir et blanc
Dans ce recueil d’histoires composées dans les années 1970, et parues dans la revue japonaise Garo, emblème de la bande dessinée alternative, le mangaka Shin’ichi Abe nous livre des bribes désabusées de sa vie à Tokyo.
Il y a quelque chose de l’Ennui baudelairien chez Shin’ichi Abe, dans sa bohème sombre et hantée par les soucis d’argent. Au fil des pages de ce manga autobiographique (genre que les Japonais appellent le watakushi manga), il décline sa vie, traversée par l’alcool, les copains artistes et son amour pour Miyoko. Tout se passe à Asagaya, un quartier de la capitale, réputé pour concentrer des écrivains, des théâtres et des musiciens. Outre le charme un peu dandy – cabossé – de son avatar graphique, c’est l’esthétique ici qui prime et qui attire. Miyoko, humeur d’Asagaya fait partie de ces...
Après nous, le déluge
Le philosophe Sénèque « invente » la fin du monde dans un texte qui nous parle… du nôtre. Alerte !
Si les fans de Philip K. Dick connaissent sa dystopie En attendant l’année dernière, peu savent que le génial auteur de SF s’est inspiré des Stoïciens. Le kosmos, être vivant, est fait de cycles : à la fin de chaque « Grande Année », une crise se produit dont résulte le quasi total anéantissement du genre humain, avant que le nouveau cycle ne le régénère. Le phénomène se produit tous les… ils...
Elle est une autre
Dans ce roman graphique (peut-être ?) autobiographique, Iris Biasio nous fait approcher la maladie mentale. Sans jamais réduire totalement la distance entre elle et nous.
Notre époque actuelle se penche sur les pathologies mentales – souvent particulièrement éprouvantes pour les entourages de celles et ceux qui en sont atteint(e)s – et prend conscience des errances, voire des dysfonctionnements médicaux dont elles ont fait l’objet, notamment dans le domaine psychiatrique. Pensons au remarquable et palpitant récit-enquête d’Adèle Yon, Mon vrai nom est...
Nous, les femmes
Avec l’adaptation graphique de son propre ouvrage paru en 2021, Les Grandes Oubliées de Titiou Lecoq, incarnée dans les dessins toniques de Marie Dubois, nous permet de mesurer un long mais discontinu processus d’invisibilisation.
La première page pose un constat éclairant : « on imagine souvent qu’elle va d’un état de servitude totale vers une libération complète. Mais en réalité l’histoire des femmes n’a pas été linéaire ! » Il s’agit donc aussi de relativiser d’emblée ce que les historiennes appellent « le mythe de la femme empêchée » : si cette histoire n’a pas été linéaire, alors il nous faut, plus que jamais, en...
Les saines colères de Lamia Ziadé
Dans ce livre foisonnant et illustré, l’artiste et autrice tisse des épisodes de sa vie, entre Beyrouth et Paris, mêlés d’une rêverie légèrement dystopique.
Pour qui aime les livres basés sur le réel : offrez-vous ce shot de vie intense. Avec, en couverture, un verre à Martini renversé, qui dégouline d’alcool. À moins qu’il en coule des pleurs, voire du vomi ? Offrez-vous cet objet littéraire bâtard, livre illustré, bourré de fantaisies typographiques, avec des photos parfois vieilles ou mal éclairées, des dessins, des calligrammes, des...





