RUBRIQUE
Poches
Proses
Les articles
L'ange de personne
Avec Jack Clark au volant, on circule dans son obsédant roman de la nuit. Une brillante pépite noire.
Depuis la Série Noire époque Marcel Duhamel, les éditeurs français de polars étrangers affadissent trop souvent la V.O. Nobody’s Angel – « L’Ange de personne » –, qui fait parler un narrateur taxi de nuit, devient ainsi Taxi de nuit, comme si Le Faucon maltais d’Hammett devenait… Le Détective. Jack Clark a sa légende : taxi à Chicago durant trente ans, il photocopie 500 exemplaires de son tapuscrit, les fourgue à ses clients pour cinq dollars. Publié en 1996 par l’éditeur Hard Case Crime, le livre est encensé par la critique et primé. Tarantino lui-même lui donne un gros coup de...
Vamos a la playa
Un brillant court traité de la plage, servi par la voix proustienne de l’écrivain argentin Alan Pauls.
Entre autobiographie, souvenirs et analyse culturelle, Alan Pauls passe en revue les multiples visages d’un espace clé de la vie moderne », nous indique la quatrième de couverture de La Vie pieds nus. « Entre » ceci et cela, comme dit l’éditeur quand il se demande sur quelle table le libraire placera le livre. On peut, en effet, situer celui-ci au croisement de la littérature et des sciences...
L’homme incendié, de Serge Filippini
L’ennui avec les vies des hommes illustres, c’est qu’on en connaît la fin d’avance. Ainsi de Giordano Bruno (1548-1600), dont on sait de quel bois catholique, apostolique et romain fut dressé le bûcher. Tout suspense éventé, c’est donc depuis sa prison du château Saint-Ange que le philosophe et graphomane entreprend de raconter sa life au cours des huit jours qui lui restent. Une vie passée à...
Un livre
Parures
de
Franz Bartelt
Parures, de Franz Bartelt
À se délecter de son humour, on en oublierait presque le Franz Bartelt plus grave, celui qui, avec Parures, nous parle d’amour, mais aussi de la quête du respect, de la honte et de la colère des gens de peu. L’adolescent qui s’y raconte vit seul avec sa mère dans « une zone plus ou moins périphérique » : « Quinze hectares à l’est de la ville, où, par blocs successifs, séparés par des...
Armen à jamais
Poète vadrouilleur, Jean-Pierre Abraham fut gardien de phare au bout du bout du monde. De cet enfer (ou paradis) est né un livre unique, qui sort en poche.
De la mer, il écrit qu’elle est « bouleversée », comme si la houle n’était qu’un trop-plein d’émotions qui vont et viennent, vous étouffent ou vous broient, comme si les vagues, infatigables, n’étaient qu’un appel au secours. La mer chez Jean-Pierre Abraham (1936-2003) est une âme, un esprit libertaire, un espace-temps qui ne connaît d’horizon que l’infini, l’inimaginable, le non-dit....




