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L'ange de personne
Avec Jack Clark au volant, on circule dans son obsédant roman de la nuit. Une brillante pépite noire.
Depuis la Série Noire époque Marcel Duhamel, les éditeurs français de polars étrangers affadissent trop souvent la V.O. Nobody’s Angel – « L’Ange de personne » –, qui fait parler un narrateur taxi de nuit, devient ainsi Taxi de nuit, comme si Le Faucon maltais d’Hammett devenait… Le Détective. Jack Clark a sa légende : taxi à Chicago durant trente ans, il photocopie 500 exemplaires de son tapuscrit, les fourgue à ses clients pour cinq dollars. Publié en 1996 par l’éditeur Hard Case Crime, le livre est encensé par la critique et primé. Tarantino lui-même lui donne un gros coup de...
Darfour en noir et sang
Baraka Sakin n’a pas son pareil pour éclairer les complexités de l’histoire du Soudan.
De la guerre et de l’esclavage, comment faire un récit qui soit une ode à la vie, un roman d’aventure, une provocante dénonciation, une tragédie moqueuse ? Il faut s’appeler Baraka Sakin. Chroniqueur formidable de la guerre du Darfour, cette province du Soudan ravagée par les hordes de janjawids, mercenaires à la cruauté sans limites, le romancier met en scène une jeune femme, survivante du...
Au puits de Laza Lazarevic
Comme ses contemporains Tchekhov et Tolstoï, l’auteur serbe Laza Lazarevic (1851-1890) a fait de la nouvelle son genre de prédilection. Pas aussi prodigue que ses illustres homologue, l’écrivain-psychiatre n’en raconte pas moins avec réalisme le quotidien âpre de ses concitoyens. Face à l’adversité, ses personnages s’en remettent à la solidarité villageoise. Ainsi, « Au puits », qui relate...
Château d’eau, de Bernard Comment
Le personnage principal de Château d’eau, c’est d’abord la Confédération suisse, et sa position centrale en Europe. C’est le Saint-Gothard, à la source de quatre fleuves « partant dans quatre directions opposées formant ainsi une croix ». En cinq nouvelles décapantes, Bernard Comment, prix Goncourt de la nouvelle en 2011, griffe le vernis de bonne conscience de nos voisins helvétiques et...
Un drame urbain
Cette réédition du dernier roman de l’Argentin Roberto Arlt est l’occasion de redécouvrir son talent pour décrire la ville comme un espace aliénant où grouillent les vies mornes.
Quatrième et dernier roman de son auteur, publié en 1932, La Danse du feu conclut un cycle entamé en 1926 avec Le Jouet enragé et poursuivi dans le diptyque Les Sept Fous/Les Lance-flammes, dans lesquels des personnages idéalistes, pusillanimes et angoissés subissent l’aliénation d’une grande métropole urbaine que Roberto Arlt, en Argentine, aura pour ainsi dire inventée littérairement....





