RUBRIQUE Égarés, oubliés
Les articles
Un auteur
Caracolant et coloré Caraccioli
Touche-à-tout livresque, l’abbé fut une sorte de Vivaldi de la plume : baroque, virtuose, sans grand succès accessible à tous cependant.
Le Livre des quatre couleurs est une curiosité bibliographie insigne. Il faut une cinquantaine d’euros lorsqu’il est en bonne condition pour s’en approprier un exemplaire. Imprimé « Aux quatre éléments [Liège], de l’Imprimerie des quatre saisons, [Jean-François Bassompierre] » en « 4444 [1760] », il est composé d’un volume in-12 (environ 180/100 mm) comportant une page de faux-titre, une page de titre, XXIV pages de préface et 110 pages de texte. Et ce sont ces pages qui valent à Caraccioli l’essentiel de sa notoriété, même si, comme on verra, il se distingua aussi dans l’élaboration...
Un auteur
Et roule et rue et râle en rêve
Sous différentes identités, Nadine Chauvin a tracé une route livresque marquée par une sourde colère. De sa hargne inaugurale à l’apaisement, une vie dans les textes.
Dès ses premiers vers, Nadine Chauvin, si l’on choisit de la présenter sous cette identité, aura été un numéro bien à part. Pas atrabilaire tout à fait, mais pas commode non plus. Pas contente, quoi qu’il en soit. La petite présentation qu’elle donne d’elle sous le pseudonyme de Diane Harciny en 1952 dans sa première plaquette de poésie, intitulée bien médicalement Le Ver dans la plaie...
Un auteur
Travailleuse et badine
Au prix d’un grand labeur, Madame de Villedieu fut pensionnée par le roi. Une carrière éblouissante, des amants, une collaboration avec Molière et… l’invention d’un genre.
Considérée comme la paire de Mademoiselle Scudéry et de Madame de La Fayette, Madame de Villedieu n’a certes pas leur notoriété. Elle eut pourtant de son vivant une production plus que conséquente, de très nombreux succès, et une vie aventureuse qui ferait aisément passer Colette pour une garde-barrière.
Engagée dans son art, elle eut l’heur de plaire et de fréquenter ce que son siècle...
Un auteur
Une Colette danoise
Hôtesse de nombreux opposants allemands au nazisme, Karin Michaëlis a publié une œuvre variée parmi laquelle un brûlot féministe fit sensation.
Aussi peu renommée en France que sa collègue Agnes Henningsen (1868-1962) – qui n’a, elle, jamais été traduite –, la romancière Karin Michaëlis incarne le paradoxe d’auteurs à succès passant du grand tapage au néant le temps que se succèdent une ou deux générations de lecteurs insouciants. N’est pas Karen Blixen qui veut… Le succès de Karin Michaëlis était pourtant antérieur au sien, et...
Un auteur
La coqueluche des persifleurs
Convaincue de son immense talent, la poète et romancière irlandaise Amanda Ros n’en resta pas moins la meilleure. Mais pour certains aussi la pire.
C’est Aldous Huxley qui a fait pétiller le cas d’Amanda Ros en 1923 lorsqu’il reprit son article « Euphues redivivus » dans son recueil On the margin (En marge, Éditions universelles, 1945). Révélant astucieusement la teneur de son propos, le romancier et essayiste, amateur des scénarios catastrophe, jetait le feu et l’eau, noyant le poisson, faisant mine de plier la rotule devant le génie si...

