RUBRIQUE Égarés, oubliés
Les articles
Un auteur
Caracolant et coloré Caraccioli
Touche-à-tout livresque, l’abbé fut une sorte de Vivaldi de la plume : baroque, virtuose, sans grand succès accessible à tous cependant.
Le Livre des quatre couleurs est une curiosité bibliographie insigne. Il faut une cinquantaine d’euros lorsqu’il est en bonne condition pour s’en approprier un exemplaire. Imprimé « Aux quatre éléments [Liège], de l’Imprimerie des quatre saisons, [Jean-François Bassompierre] » en « 4444 [1760] », il est composé d’un volume in-12 (environ 180/100 mm) comportant une page de faux-titre, une page de titre, XXIV pages de préface et 110 pages de texte. Et ce sont ces pages qui valent à Caraccioli l’essentiel de sa notoriété, même si, comme on verra, il se distingua aussi dans l’élaboration...
Un auteur
Froide métropole
Depuis Paris, Suzanne Lacascade encensa dans son unique roman la grandiose ascendance des enfants d’Afrique. Une pionnière de la négritude.
La regrettée Maryse Condé, disparue en avril dernier, a largement contribué au sursaut d’intérêt qui s’est porté depuis quelque temps sur le roman Claire-Solange, âme africaine de Suzanne Lacascade. Il revenait de loin après que d’éminents confrères l’avaient remis à sa place, et dans les limbes, il y a quelques décennies. Franz Fanon ou Aimé Césaire, par exemple, n’ont rien fait, ni...
Un auteur
Re-re-bouffer de la vache enragée
Poète du déséquilibre et de l’embrasement, Marc Ichall, plein de colère et de souffrance, a finalement rompu ses liens avec la vie.
À la longue liste des poètes aux ailes brûlées, il faut sans cesse rappeler les noms de Philippe Abou ou de Marc Ichall. Pour une raison qu’on ne s’explique guère, leurs noms ne s’inscrivent pas bien dans l’argile de la postérité. Pourtant, parfois, la société humaine rend hommage à l’un de ses grands cramés, ainsi Sophie Podolski (1953-1974) qui a eu droit à une réédition (Le Pays où tout...
Un auteur
Quand la titie prend la plume
Marie-Céline Laurent était une dactylo pleine de vie. Après quelques voyages, elle connaît, quoique parisienne et catholique, le même destin qu’Isabelle Eberhardt.
Alors que les manuscrits émanant de jeunes femmes passionnées commencent à exciter les éditeurs parisiens (la grenade Sagan a éclaté en 1954), rien d’étonnant à ce que le livre plutôt rayonnant d’une dactylographe (on dira documentaliste plus tard) dans une maison d’édition religieuse de Paris (probablement Desclée de Brouwer) sorte des presses Saint-Augustin à Bruges le 22 mai 1957....
Un auteur
Lella est une icône
Troisième épouse de Georges Arnaud, Lella Facchini a été la muse d’Édouard Boubat avant de devenir romancière et journaliste.
Je n’éviterai donc aucun lieu commun. Je ne sais pourquoi j’avais pensé que vous écriviez avec surexcitation. C’est la violence de vos livres qui m’a donné cette idée toute faite. » Celle qui s’exprime ainsi un jour de mai 1957, c’est la trentenaire Lella Arnaud, qui pige pour Les Lettres nouvelles depuis quelque temps. À la parution de La Fin d’un primitif (traduction Yves Malartic,...
