La rédaction Thierry Guinhut
Articles
L'exil et le départ
Dissidence politique et lyrisme poétique par le Russe Joseph Brodsky.
Si la poésie éclaire le monde, celle du Russe Joseph Brodsky est Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires. En cette vaste anthologie poétique 1961-1996, le prix Nobel de littérature 1987 bouscule un programme tant historique que géographique.
Né en 1940 à Saint-Pétersbourg – alors Leningrad – et mort à New York en 1996, il a traversé la fin du stalinisme, puis celle du communisme, quoique la Russie n’ait pas abandonné son tropisme impérial. N’écrivait-il pas : « L’Empire est un pays pour imbéciles ». En conséquence, il n’y fut guère publié, car son anticonformisme, son rejet du...
Dernier testament
Lorsque, né en 1935, le spectre commun s’approche, il faut à tout homme faire un bilan. A fortiori pour un écrivain. C’est ainsi que Kenzaburô Ôé, prix Nobel 1994, qui annonça en cette occasion ne plus écrire de roman, reprit « la plume-réservoir » pour offrir un volume de plus de mille pages, puis une trilogie, dont le dernier volet, Adieu mon livre !, est le seul traduit en français. On n’a...
Le Songe de Borges de Blanca Riestra
Il faut un culot monstre pour emprunter la voix de l’immense Jorge Luis Borges. Et pourtant l’Espagnole Blanca Riestra (née en 1970) l’a fait. Et non sans brio. On connaît la cécité du maître, les jeunes lecteurs qu’il convia près de son oreille (dont Alberto Manguel). Il faut supposer ici que ce secrétaire de fiction est un de leurs avatars, attentif à l’imaginaire testamentaire de l’auteur...
La conquête de l’amour
L’alliance du roman victorien sentimental et de la satire sociale, par le généreux portraitiste Anthony Trollope.
On a reproché au prolifique Anthony Trollope (1815-1882) de n’écrire qu’à heures fixes, pour gagner de l’argent, des romans au kilomètre. Pire, on pourrait rejeter d’un revers de mépris L’Ange d’Ayala, roman rose et pavé feuilletonesque. Grave erreur. Certes Henry James, qui lui rendit hommage, n’appréciait pas ses interventions intempestives d’auteur jouant avec sa fiction ; mais c’est un...
Plateau onirique
Avec une poésie sensible, la romancière japonaise Yoko Ogawa fait du jeu d’échec le miroir des vies.
Les échecs fascinent les écrivains. Pensons à Stefan Zweig qui mit en relation ce prestigieux duel intellectuel avec les contraintes du totalitarisme nazi. Pareillement, il serait vain de réduire le nouveau roman de la prolifique Yoko Ogawa à une énième variation sur un jeu de société : une autre dimension le transcende, celle de la transmission et du legs…
Bien que scrupuleusement attachée...





