La rédaction Thierry Guinhut
Articles
L'exil et le départ
Dissidence politique et lyrisme poétique par le Russe Joseph Brodsky.
Si la poésie éclaire le monde, celle du Russe Joseph Brodsky est Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires. En cette vaste anthologie poétique 1961-1996, le prix Nobel de littérature 1987 bouscule un programme tant historique que géographique.
Né en 1940 à Saint-Pétersbourg – alors Leningrad – et mort à New York en 1996, il a traversé la fin du stalinisme, puis celle du communisme, quoique la Russie n’ait pas abandonné son tropisme impérial. N’écrivait-il pas : « L’Empire est un pays pour imbéciles ». En conséquence, il n’y fut guère publié, car son anticonformisme, son rejet du...
Tissu romanesque
Entre quakers et esclavagistes, la conquête de la liberté pour une jeune héroïne américaine, par Tracy Chevalier.
Fuir l’oppression, le quotidien, les déceptions ; qui n’en a rêvé ? Honor Bright va jusqu’au bout de ses décisions, quittant l’Angleterre des années 1850 pour fendre l’Atlantique et refonder son existence parmi les États-Unis. L’héroïne de Tracy Chevalier, romancière américaine née en 1962 et vivant à Londres, ne fait pas que fuir, elle affronte le réel, pour se trouver.
Rejetée par un...
L' Enfer de Hugo Lacroix
Voici le matricule des démons et la carte de leur bien-aimé séjour : l’Enfer ! Pavé des meilleures intentions encyclopédiques, cet album parvient à ranger son monde sous les auspices des « Géographies infernales », des « Habitants de l’enfer et de ses visiteurs », pour finir par le « contester » et, pire encore, par la découverte de « L’enfer sur terre ». Là où « l’enfer est paradoxalement...
Medusa de Ricardo Menéndez Salmón et Jean-Marie Saint-Lu
Sa « Trilogie du mal » (L’Offense, Le Correcteur, La Philosophie en hiver) a fait de Ricardo Menéndez Salmón (né en 1971) un écrivain assis à la lisière du romanesque et de la philosophie politique. Exploitant le filon des abominations humaines, il ne pouvait que s’interroger sur la relation de l’artiste au mal, s’il s’agit d’une relation saine, voyeuriste, cathartique ou thérapeutique…...
Emily en liberté
Jerome Charyn imagine la vie fantasque et retrouvée de la poète Emily Dickinson, cette âme en incandescence.
Raconter la vie d’une poète enfermée derrière la fenêtre de sa chambre paraît une gageure. Il fallait à Jerome Charyn un certain toupet pour oser dire en quelque sorte : « Mademoiselle Dickinson, c’est moi ». De plus, malgré l’abondance de la correspondance, sans compter les 1789 poèmes, la ténuité des éléments biographiques risque d’inhiber le biographe.
D’où la nécessité de recourir à la...





