La rédaction Thierry Guinhut
Articles
L'exil et le départ
Dissidence politique et lyrisme poétique par le Russe Joseph Brodsky.
Si la poésie éclaire le monde, celle du Russe Joseph Brodsky est Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires. En cette vaste anthologie poétique 1961-1996, le prix Nobel de littérature 1987 bouscule un programme tant historique que géographique.
Né en 1940 à Saint-Pétersbourg – alors Leningrad – et mort à New York en 1996, il a traversé la fin du stalinisme, puis celle du communisme, quoique la Russie n’ait pas abandonné son tropisme impérial. N’écrivait-il pas : « L’Empire est un pays pour imbéciles ». En conséquence, il n’y fut guère publié, car son anticonformisme, son rejet du...
O.P. (Ordre Public) de Ramón Sender
Il n’y a pas de désordre sans prison, ni d’ordre sans prison. Avec Ramón Sender on a droit au pire : une prison abjecte. Nous sommes sous la dictature de Primo de Rivera, dans une Espagne où les années 20 étranglent les promesses de l’illusion communiste, comme du progrès libéral. Un jeune journaliste, incarcéré à la Moncloa, le plus vaste établissement pénitentiaire de Madrid, est témoin...
Amour maternel
Une chaîne lie les gens que j’ai rencontrés accidentellement. » Ainsi pourrait-on résumer le propos de ce bref roman infiniment sensible. Cette chaîne est aussi sentimentale qu’intellectuelle. En effet, il s’agit d’une belle histoire de transmissions. Madame Mitsuko sait l’art de rechercher et vendre en sa librairie d’occasion des livres de philosophie, quoiqu’elle sache également celui...
Lisario ou le plaisir infini des femmes de Antonella Cilento
Le conte de La Belle au bois dormant quitte avec Antonella Cilento le registre du merveilleux pour aborder celui du roman picaresque, non sans parodie. Il s’agit également d’un roman historique, car, situé au XVIIe siècle, il met en scène une jeune fille confrontée à bien des aventures rocambolesques : apprenant à lire seule, « vu qu’il est interdit aux filles d’étudier », fuyant dans le...
L' Art brut de Michel Thévoz
Les exclus de l’Histoire de l’art eurent enfin leur musée, leur livre. À Lausanne, la collection constituée par Jean Dubuffet s’enrichit encore, de 5000 à 70 000 œuvres. Elles viennent des ignorants, des fous, des isolés dans les asiles psychiatriques (aujourd’hui moins nombreux grâce aux neuroleptiques), de peintres et de dessinateurs compulsifs, de sculpteurs de bric et de broc qui...





