La rédaction Sophie Deltin
Articles
Promesse subversive
Le regard d’insouciance miné par la révolte d’Irmgard Keun, écrivaine allemande à succès des années trente, méconnue en France.
Dans Quand je serai grande, la narratrice, une enfant pétillante à l’imagination insatiable, accumule les bêtises et les infractions à l’ordre petit-bourgeois dont au fil des jours, elle démasque, mine de rien, les cécités et les lâchetés d’adultes. Dans cette chronique bien ancrée dans le contexte de la fin de la Première Guerre mondiale, à travers laquelle on peut déjà déceler les signes insidieux d’une société encline au conformisme et à l’inertie de la pensée, terrain idéal de tous les totalitarismes, la petite fille se heurte en premier lieu au moralisme hypocrite et misogyne de sa...
Un livre
Aucun lieu. Nulle part (suivi de) neuf autres récits 1965-1989
de
Christa Wolf
Résister au fil des ans
La réédition, en guise d’hommage, de dix fictions (1965-1989) de Christa Wolf ou le portrait en creux du combat d’un écrivain à l’épreuve de la durée.
Le rassemblement dans un seul ouvrage de dix récits fictionnels, certes déjà plus ou moins connus par le public français, a le mérite d’offrir une mise en perspective d’une œuvre invariablement marquée par l’esprit de résistance. Née en mars 1929 à Landsberg (aujourd’hui située en Pologne), Christa Wolf qui vient donc de fêter ses 80 ans, a vécu les seize premières années de sa vie sous la...
Des livres
Le Jour de Vénus
de
Mohamed Leftah
Une chute infinie
de
Mohamed Leftah
Attentat à la beauté
Longtemps Mohamed Leftah se fit le chantre de la beauté qui outrage. Deux livres posthumes réaffirment ce credo.
Qu’ils se hâtent ceux qui n’ont pas encore découvert l’œuvre de Mohamed Leftah. La révélation du talent singulier, trop longtemps méconnu et pourtant irréfutable, de cet écrivain marocain de langue française, né au Maroc en 1946 et décédé au Caire en juillet 2008 où il vécut solitaire, nous la devons à la patience scrupuleuse des éditions de La Différence.
La marque de Leftah ?...
Un auteur
Sebald, une araignée dans le crâne
Fascinante par son phrasé à longue et lente arabesque et sa confrontation lancinante avec l’Histoire, l’œuvre de W.G. Sebald n’a cessé de sillonner les lignes, réelles ou imaginaires, d’une mémoire en extinction. Double parution : Campo Santo, sa dernière œuvre restée inachevée, et un recueil d’entretiens et articles.
Qu’y a-t-il de plus terrible que les idées qui grouillent sans cesse dans notre tête ? » s’interroge Sebald à propos d’une gravure que lui offrit un jour son ancien ami d’école devenu peintre, Jan Peter Tripp. De cette gravure qui montre un magistrat mentalement dérangé avec une araignée dans le crâne, on pourrait tirer une image puissante qui touche au cœur de l’activité littéraire telle que...
Elle et ses assassins
Malina d’Ingeborg Bachmann est retraduit, ou la mise à mort d’un personnage féminin qui voulait tout à la fois aimer et écrire.
Premier et seul volet achevé d’un cycle romanesque portant sur les différents « Genres de mort », publié du vivant de l’auteur en 1971, Bachmann (1926-1973) l’écrit, alors en exil à Rome, recluse dans son appartement, comme si par cette seule distance elle pouvait mieux revenir à sa « maison d’Autriche », le lieu où pour elle le monde a été une fois perdu. Texte inclassable, marquant par son...



