La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Breton-Gracq, ensemble et séparément
Commencée en 1939, leur correspondance est la première à nous révéler le Gracq épistolier. Là où Breton rêve de liens « qui auraient seulement existé dans la chevalerie errante », Gracq, écrivain secret s’il en est, n’aspire qu’à être un ami fiable et une sorte de conseiller désintéressé.
Quand, en mai 1939, Gracq, jeune écrivain quasi inconnu, fait parvenir son premier livre à Breton, c’est d’abord l’auteur de Nadja et de Poisson soluble qu’il veut atteindre, le « Grand Singulier » plutôt que le chef du groupe surréaliste. Ce qu’il aime dans le surréalisme – qu’il a découvert alors qu’il venait d’être reçu à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm (1930-1934) –, c’est sa...
Jouvence inaugurale
Trente ans après être parti vivre là où on est seul, là où on n’est rien, Pierre Cendors se souvient de ce qui fut un double voyage initiatique.
Quête de soi doublée d’une méditation sur la construction amoureuse d’un jeune homme en devenir, Veneris memories est un récit qui se déplie par échos et consonances. C’est une orchestration d’instants vrais – car tous les moments ne sont pas des instants – des moments d’instance sollicitante, qui se découpent, se détachent, trouent la trame du temps. Trente après, ils habitent encore Pierre...
La pauvreté et la splendeur
Homme sans toit, sans foyer, Rilke fut un nomade en quête de l’œuvre qui l’installerait en harmonie avec le monde et le délivrerait du mal d’exister. Olympia Alberti nous entraîne dans son sillage.
Écrivain que chacun connaît mais que peu ont lu, contemporain de Stefan George et de Hofmannsthal, Rainer Maria Rilke (1875-1926) eut une existence de vagabond apatride. Une vie errante en quête du lieu juste, celui qui, lui permettant de s’abandonner entièrement à une ascétique passivité, l’aiderait à affronter, seul, ses « lions intérieurs » tout en travaillant à une œuvre qui, dans et par...
Comment pense la littérature
En interrogeant le pensif, un mode de pensée évasif et oblique propre à la littérature, François Jullien montre comment celle-ci permet d’appréhender le vivre dans son pur avènement.
Passionnant, le dernier essai de François Jullien. Philosophe, helléniste, sinologue, il a fait de l’entre séparant la langue-pensée chinoise de la langue-pensée européenne, un champ d’investigation, un lieu d’exploration des ressources de l’une et de l’autre, et ce, aux fins d’imaginer une stratégie du vivre et du penser qu’il décline de livre en livre. Dans Puissance du pensif il interroge...




