La rédaction Richard Blin
Articles
La transmutation du monde en beauté de langue
Loin des commodités du roman courant et de la compulsion moderne au discontinu, la prose romanesque de Jean-Paul Goux fait de la matière de la langue la source même de l’émotion littéraire.
On n’entre pas tout uniment dans l’univers de Jean-Paul Goux, mais il ne faut pas longtemps pour que son écriture agisse et que l’on sente œuvrer la singularité d’un ton, la profondeur d’un éprouvé, la tension d’une voix. Quelqu’un nous parle, s’adresse à nous, sollicite notre écoute, nous subjugue par la force d’entraînement de sa pensée parlée en mouvement. Une voix, portant la présence d’un corps, nous fait partager l’intime d’une réflexion tout intérieure. Tous les livres de Jean-Paul Goux sont ainsi portés par des voix qui alternent, se relayent, mettent en mouvement ce qui les meut...
Un livre
Patchwork
de
Christian Ducos
Le souci de la poésie
Recueil de notes ponctué de courts poèmes, Patchwork se nourrit de l’audace des créateurs qui affrontent la réalité à découvert.
Une minutie amoureuse dans l’art de nommer, une écriture nue, dépouillée de toute suffisance, une façon d’accueillir les mots, de les faire venir ou de se laisser surprendre par eux, elle séduit la parole de Christian Ducos telle qu’elle apparaît dans Patchwork, une suite de pensées mêlant le poème à la prose.
Un livre où chaque notation est séparée de la suivante par un espace – ce qui...
Des livres
Les Harmoniques originels
de
Pierre Cendors
Sacre du seul
de
Pierre Cendors
Une pure présence sauvage
Qu’il évoque des paysages qui disent « l’inépuisable force irrévélée » de la poésie, ou qu’il s’interroge sur la présence du sentiment poétique en l’homme et en dehors de lui, c’est leur part irréductible de mystère que cherche à capter Pierre Cendors.
S’il aime les lieux élémentaires, les lieux où l’on est loin de toute présence humaine, c’est que Pierre Cendors a fait de la grande solitude une condition et un état spirituel indispensables à la rencontre de la poésie en tant que présence sauvage. En quête de ce qu’il appelle les harmoniques originels, il a passé un mois entier, en solitaire et en immersion, dans des lieux abrupts et...
Et la peinture se fait événement pur
Bram van Velde ne croyait pas aux paroles mais à l’œil. À partir de la stupeur reçue de ses tableaux, Jérôme Thélot fait apparaître ce qui excède l’interprétation et déroge à la verbalité dans cette peinture empoignade.
Peintre de tableaux qui ne ressemblent à rien, artiste sans antécédent ni successeur, Bram van Velde était un taiseux qui ne pouvait s’exprimer autrement qu’en peinture. Né en Hollande, en 1895, et entré dès 12 ans dans une entreprise de décoration, il découvre en autodidacte la peinture de chevalet. Ce n’est qu’à partir de 1922, poussé par son patron qui l’aide financièrement et...
Un désir d’odyssée
Imprégnée d’intemporalité, écoutant le monde, la poésie de Jacques Lacarrière distille une sensation renouvelée et augmentée de la vie.
Épris de connaissance, mû par une curiosité qui le porte aussi bien vers les mystiques que le rejeté ou le silencieux, Jacques Lacarrière (1925-2005) nous a emmenés sur les chemins de France, au mont Athos, comme sur les pas d’Hérodote, d’Alexandre le Grand, de Marie d’Égypte et même sur les terres bien plus proches du Pays sous l’écorce. Érudit partageur, infatigable marcheur, poète et...



