La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Un livre
Le Désir de la poussière
de
Jaan Kaplinski
Du familier à l’infini
Un ensemble anthologique pour découvrir Jaan Kaplinski, le plus grand poète estonien vivant. La lumière à fleur d’être d’une voix de neige et d’éveil.
Coincé, comme la Lettonie et la Lituanie, entre l’ex-URSS et la mer Baltique, l’Estonie est le plus petit et le plus septentrional des trois pays baltes. Indépendant depuis août 1991, son histoire -exception faite d’une parenthèse durant l’entre-deux-guerres- se résume à une perpétuelle sujétion sous différentes tutelles -danoise, allemande, suédoise et russe. Un pays de terres basses dont...
Un livre
R.A.S. infirmière-chef
de
Bryan Stanley Johnson
Droit vers l’abîme
Dans la lignée de Joyce et de Beckett, la rumination lente et soliloquée des pensionnaires d’une maison de retraite. Féroce et hilarant B. S. Johnson, qui se suicida en 1973.
« Comédie gériatrique » indique la couverture. Sauf qu’une comédie est censée déboucher sur une fin heureuse… Alors on songe à cette réflexion de Beckett dans L’Innommable : « C’est le commencement qui est le pire,...
Les voix d’ailleurs
Une jeune fille assassinée, un innocent prisonnier de son nom, et la musique envoûtante d’une écriture : Richard Millet orchestre d’insondables et lumineux vertiges.
Ouvrir le dernier livre de Richard Millet c’est retrouver la grande nuit des maudits, des solitaires, des innocents, et ce coin disgracié de Haute-Corrèze avec ses « gourles », ses « fadards » et ses existences noires que nous ont fait connaître La Gloire des Pythre, L’Amour des trois sœurs Piale et Lauve le pur. Un pays d’eau et de forêts, de granit et de ciel ; des lieux peuplés d’ombres et...
Amoureusement nue
De la jouissance visuelle comme du poignard qui ouvre et féconde la chair du monde. Savoir, sexe, saveur et beauté : l’esthétique sensuelle de Jean Clair. Une leçon de volupté.
D’où vient, en quelles voluptés primitives s’enracine cette façon qu’a Jean Clair de parler d’art en amoureux ? De le restituer à ses lisières d’écume et d’étoiles ? D’en montrer les points de fièvre et de rêve ? D’en mettre à nu l’architecture d’accords et d’écarts ? D’où tient-il cette façon de l’appréhender en sa chair même et en son essentiel rayonnement ?
Né en 1940, Gérard Régnier, dit...


