La rédaction Flora Moricet
Articles
Histoire de l'art avec personnes
Le nouveau texte de Gaëlle Obiégly, Rien à voir, entremêle l’art, la fiction et la vie dans une rhétorique joueuse.
Tout part de la commande d’un artiste bientôt ami. Ari Bosochur sollicite la narratrice pour raconter la rétrospective d’œuvres absentes, le plasticien les ayant fait disparaître. Flattée, celle qui se fait appeler « Rose de nuit » accepte et profite de son « exposé » pour sonder son propre rapport à l’art. Comme dans la plupart des romans de Gaëlle Obiégly la conteuse ressemble de façon troublante à son autrice. Mais pour la première fois, Rien à voir convie des personnages presque fictifs, entremêlant leurs histoires au rêve d’Ari Bosochur (anagramme de Boris Achour) et à la quête...
Les mains et les choses
Un monde de sensations et d’objets légèrement étranges à travers les yeux d’un enfant dont on ne sait pas s’il pense ou s’il rêve.
La vue m’utilise pendant des heures pour regarder », peut-on lire et relire pour être bien sûr de comprendre dans un prologue très intrigant. Les 43 courts textes qui suivent (« La petite cuillère », « La fourchette », « L’appui de fenêtre », « La table »…) forment des petites vignettes écrites à la hauteur d’un enfant qui entretient une drôle de relation aux êtres et aux choses. Les...
Éclairer tout l’obscur
« C’est quoi exactement un monstre ? » : Neige Sinno fait de son expérience personnelle de l’abjection, du pire, « une quête de vérité » tournée vers nous toutes et tous. Un texte d’une très grande ampleur.
Neige Sinno a été violée pendant sept années entre son enfance et son adolescence par son beau-père, parfois tous les jours. Devenue adulte, la jeune femme parle et porte plainte non pas pour se libérer, écrit-elle, mais « pour protéger les autres », ses demi-frère et sœur dans un premier temps. Lors du procès qu’elle choisit de rendre public, son violeur n’a pas nié les faits – cas rare dans...
En lisant, en parlant, en nageant
Un professeur de lettres en Seine-Saint-Denis réhabilite le hors-sujet et transforme les plus surprenantes prises de parole de ses élèves en une joyeuse « expérience adressée ».
Qu’apprendre de ses élèves là où on ne les attendait pas ? Qu’entendre d’un « léger désordre » et d’un mot a priori sans rapport avec la consigne énoncée ? Comment apprendre à lire et à respirer dans l’étroitesse d’une salle de classe d’un lycée de Stains en région parisienne ? Après avoir publié sa thèse sur Beckett, Guillaume Gesvret élabore dans ce deuxième livre une pédagogie du...
La fabrique de la violence conjugale
Une relation d’emprise et de violence masculine racontée par un homme en roue libre. Une expérience littéraire puissante et difficile, qui interroge sur les représentations possibles de l’inacceptable.
Écrit à la première personne, le troisième roman de Christophe Levaux retrace l’histoire d’un embrasement et d’un anéantissement d’une relation amoureuse, peut-on lire sur le rabat en fin d’ouvrage : « une laideur qui s’appelle violence ». L’escalade de cette violence morale et physique est observée et éprouvée depuis le point de vue de l’homme. Récit d’une traite, soutenu par une écriture...





