La rédaction Flora Moricet
Articles
Histoire de l'art avec personnes
Le nouveau texte de Gaëlle Obiégly, Rien à voir, entremêle l’art, la fiction et la vie dans une rhétorique joueuse.
Tout part de la commande d’un artiste bientôt ami. Ari Bosochur sollicite la narratrice pour raconter la rétrospective d’œuvres absentes, le plasticien les ayant fait disparaître. Flattée, celle qui se fait appeler « Rose de nuit » accepte et profite de son « exposé » pour sonder son propre rapport à l’art. Comme dans la plupart des romans de Gaëlle Obiégly la conteuse ressemble de façon troublante à son autrice. Mais pour la première fois, Rien à voir convie des personnages presque fictifs, entremêlant leurs histoires au rêve d’Ari Bosochur (anagramme de Boris Achour) et à la quête...
Une âme trop grande et des mains trop petites
L’écrivaine suisse Adelheid Duvanel fit de la forme brève un art des trajectoires absurdes et poétiques.
En France, nous publions peu de nouvelles et Adelheid Duvanel ne dispose pas de page Wikipédia. Épiphanie éditoriale : les jeunes successeurs des éditions Corti viennent de réparer au moins une injustice en poursuivant le travail interrompu par nos voisins belges (Vies parallèles) pour faire entendre une voix méconnue de la littérature germanique. Née à Bâle en 1936, Adelheid Duvanel se...
Un livre en douce et en douceur
Le romancier et poète Antoine Mouton a écrit au jour le jour toute la vie qui résistait encore chez son amie, la comédienne Hermine Karagheuz, alors qu’elle perdait la parole et la mémoire.
Qu’elle soit liée à la mort, à la vie, au sexe ou à l’amitié, la vieillesse a longtemps été un territoire banni de la littérature. En cette rentrée d’hiver, Gloria, gloria de Grégory Le Floch lui offrait une part réjouissante, mettant notamment en scène une femme septuagénaire, objet de désir d’une jeune femme. Dans son dixième livre, Antoine Mouton tient le journal de bord de son amie la...
Respiration à deux voix
Une savoureuse traversée dans l’univers littéraire et créatif de deux femmes de lettres inclassables, Héléne cixous et Cécile Wajsbrot.
En avril 2020, alors que le confinement vient d’être déclaré, Cécile Wajsbrot – romancière, essayiste et traductrice notamment de Virginia Woolf – invite son amie Hélène Cixous à reprendre un échange initié avec Une autobiographie allemande (2016), à partir de ce qui les réunit le mieux : la littérature. L’écrivaine et dramaturge née à Oran prend la balle au bond et réplique d’un verbe inouï...
Grammaire pour cesser d’exister
Voici un projet inédit : disparaître par la parole, trouver des moyens linguistiques de se soustraire de son corps en présence d’un interlocuteur. Le bref et neuvième texte des audacieuses éditions du Sabot déploie un programme drôle et réjouissant pour trouver « le moyen imperceptible de m’absenter de ma propre conversation », explique la jeune énonciatrice âgée de 30 ans. Elle rêve de...





