Par-delà l'effroi
Inédite en français, cette part importante de
la création poétique de Paul Celan atteste de
sa jeunesse bouleversée. En dépit de leur gravité, ces premiers poèmes surprennent par leur beauté.
Né à Cernauti en 1920, ville roumaine dénommée en allemand Czernowitz, et issu d’une famille juive germanophone, celui qui ne s’appelle pas encore Paul Celan mais Paul Antschel, entreprend dès 1938 une œuvre qui comptera parmi les plus marquantes de la seconde moitié du XXe siècle. Composés en Roumanie avant l’exil définitif en France, ces textes de jeunesse sont à considérer comme la matrice de sa poétique. Le choix du titre est ici celui de l’éditeur, en référence aux événements historiques qui affectèrent les Juifs d’Europe de l’Est, et tout particulièrement Paul Celan lui-même et ses...
La rédaction Emmanuelle Rodrigues
Articles
Paroles en noir
Première anthologie en français du poète chilien Oscar Hahn, dont l’œuvre est marquée par la douloureuse expérience de l’exil.
Oscar Hahn le confie dans l’entretien retranscrit ici, l’art et a fortiori la poésie ne sont rien moins que l’héritage de l’humanité, « les signes de la vie humaine sur cette planète ». Pour cet écrivain chilien, dialoguer avec les œuvres aimées, notamment celles de Vicente Huidobro et de Luis de Gongorà, relève d’une véritable exigence. Né en 1938 à Iquique, Oscar Hahn a vécu essentiellement...
Le deuil infini
Paru en 1964, Trente pages rappelle la voix trop méconnue d’Avot Yeshurun qui se considérait lui-même comme un étranger dans sa propre langue.
Né en 1904, en Ukraine, Avot Yeshurun décide à l’âge de 21 ans d’émigrer en Palestine contre l’avis de ses parents, qui restés en Pologne, périront dans un camp d’extermination. En 1948, date de la création de l’État d’Israël, celui qui se nomme jusque-là Yekhiel Perlemuter, adopte le nom d’Avot Yeshurun. Comme l’explicite la traductrice, Bee Formentelli, malgré cette « double rupture...
Écrire de mémoire
Une parution posthume, largement inédite, présente les écrits hongrois d’Agota Kristof qui renoue ici avec sa langue maternelle.
Dramaturge et romancière, Agota Kristof s’est fait connaître dès 1986 par La Trilogie des jumeaux, que son enfance passée en Hongrie, où elle est née, en 1935, à Csikvánd, lui a inspirée. En 1956, elle fuit son pays et gagne la Suisse. Dans L’Analphabète, son seul récit autobiographique, elle révèle que depuis ses plus jeunes années la poésie l’obsède : les phrases, écrit-elle, tournent...
Chercher une sortie
Souffle de vie retrouvé, Papiers retrouvés de Fabienne Courtade libère une parole épurée, vibrant d’une respiration profonde.
Sans qu’il en soit dit davantage, c’est par une simple allusion à Homme au jouet d’enfant, l’un des livres de Mathieu Bénézet, qu’il est fait ici référence à ce poète, décédé en 2013. La visée, s’il en est une, de Papiers retrouvés tient toutefois de la remémoration et celle-ci ne se donne pas moins comme le chant, fût-il élégiaque, de ce qui a été et voudrait, pour reprendre la belle formule...





