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Domaine français Ouvriers des mers

février 2026 | Le Matricule des Anges n°270 | par Thierry Cecille

Éparpillés sur la page, ces noms peuvent sembler composer un poème à la Cendrars : « Le Havre / Nouvelle-Orléans / Valparaiso / Rotterdam / Caucedo / Liverpool ». Mais sur une autre page s’égrènent d’autres noms, plus mystérieux : « Bremerhaven express / Clorinda / Columba / One harbour / Zim vietnam al safat tamishka ». Ce ne sont pas, en effet, les transatlantiques d’autrefois, pourvoyeurs de rêves exotiques ou échappatoires des exilés, qui traversent ces pages, mais les porte-conteneurs d’aujourd’hui. « D’autres géants des mers gagnent le lointain. Vus de la terre, ils semblent de paisibles monstres silencieux et inoffensifs ». Nous nous contentons, la plupart du temps, de les observer et d’imaginer vaguement l’existence de ceux qui y travaillent. Sophie Balso, elle, va plus loin : elle nous offre ici une sorte d’enquête et, en même temps, un hommage à ces « ouvriers des mers ». Les approcher n’est ni fréquent ni aisé : « Le trafic maritime est incessant. Les marins, eux, sont devenus invisibles ». Bénévole au Seamen’s club du Havre, elle s’emploie à accueillir ceux qui parviennent à quitter la « labyrinthique zone portuaire » pour, durant quelques heures trop brèves, faire l’expérience de cette valeur jadis associée au voyage : l’hospitalité. Alors que « les marchandises qu’ils convoient poursuivent librement leur route sur le territoire », ils ne peuvent, eux, circuler, dépourvus de visa, O.S. de ces « usines flottantes » (il se peut que ce soit là une allusion au terrible Bateau-usine de Takiji Kobayashi). À bord, c’est la solitude, les tâches routinières, la hiérarchie et, paradoxalement, l’emprisonnement douloureux. « Destinés pourtant aux horizons sans limite, aux flots paisibles ou tumultueux, sous des ciels immenses, de l’aube au coucher du soleil, les marins vivent et travaillent, enfermés, privés d’espace et du sentiment de l’infini ».

Thierry Cecille

Ouvriers des mers, de Sophie Balso
Éditions Conférence, 38 pages, 12

Le Matricule des Anges n°270 , février 2026.
LMDA papier n°270
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