La rédaction Thierry Cecille
Articles
L'insoutenable trahison
Rescapée de Theresienstadt et d’Auschwitz, Cordelia Edvardson (1929-2012) témoigne, puissamment, de la Shoah mais nous force surtout à revivre avec elle l’atroce épreuve d’une enfance brisée.
La mère écrivit à sa fille en Suède. Elle travaillait à un nouveau roman, expliquait-elle dans sa lettre, et parmi les personnages il y avait une jeune femme passée par Auschwitz, une survivante. Il importait que ses souvenirs soient aussi factuels que possible dans le détail. Ensuite elle, la mère, se chargerait de les recréer sous une forme littéraire. Sa fille pourrait-elle l’aider en lui détaillant son emploi du temps quotidien à Auschwitz ? » La mère est Elisabeth Langgässer, poétesse et romancière allemande, catholique, ayant acquis une certaine notoriété (on décerne encore de nos...
L’espoir avorté
Sans doute n’est-il pas aisé de parler de l’Algérie aujourd’hui. Hajar Bali y parvient en entremêlant trois vies, bousculées entre idéaux et désillusion.
Adel et Wafa vivent à Alger. À peine sont-ils sortis de l’adolescence que le présent leur pèse et l’avenir, dans leur pays, leur semble bouché : ils rêvent de s’enfuir au Canada. Où trouver l’argent ? Ils repèrent une vieille femme : « On s’est dit, elle doit être riche. Elle a les cheveux blancs, coiffés, bref elle a l’allure distinguée, un peu comme une vieille Française ». Ils la suivent...
L’eau vive
Mariant l’érudition d’un Umberto Eco à la verve romanesque d’un Alexandre Dumas, Elif Shafak nous embarque des rives du Tigre à celles de la Tamise, sur les fleuves de la mémoire blessée.
C’est une tablette gravée d’écriture cunéiforme mais celle-ci diffère des autres : elle est « de couleur vive – le bleu des fleuves impatients. Les mots n’ont pas été taillés dans l’argile brune mais dans un bloc de lapis-lazuli – une pierre extraordinaire que les dieux réservent à leur seul usage ». Que peut-on y lire ? Des vers de ce qui est peut-être le plus ancien poème, la plus ancienne...
Un auteur
Voix entremêlées
L’œuvre complexe d’Assia Djebar se prête aux interprétations diverses : Denise Brahimi et Cécile Oumhani l’explorent en un entretien croisé.
Lorsqu’Assia Djebar est reçue à l’Académie française, le nombre de ses lecteurs est, en France, encore assez limité. Nombreux sont pourtant les ouvrages et articles universitaires qui lui ont, depuis des décennies, été consacrés. Denise Brahimi – qui vécut dix ans en Algérie après l’indépendance – est une spécialiste des littératures francophones d’Afrique et du Maghreb et a été...
Un auteur
Vaste était la prison
Assia Djebar ouvrit des portes, que d’autres franchirent ensuite : la romancière Hajar Bali, elle aussi, est une de ces voix libres.
Créées en 2000, les éditions Barzakh ont eu à cœur de rééditer en Algérie des œuvres d’Assia Djebar initialement parues en France. En 2017, ce fut La Soif puis, en 2022, Les Impatients. À la rentrée paraîtra le récit La Beauté de Joseph. Hajar Bali, romancière algérienne d’expression française (voir Lmda N°210), en a écrit la postface. Elle a bien voulu nous faire partager sa « fascination »...




