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Domaine étranger Aux marges du Palais

septembre 2025 | Le Matricule des Anges n°266 | par Catherine Simon

Toutes peines confondues

Il est des textes qui lentement infusent, révélant avec le temps leur force et leur acuité. C’est le cas de ce livre, paru en arabe il y a vingt-cinq ans, grâce au cran d’une éditrice, Layla Chaouni (Le Fennec, Casablanca), et à l’énergie d’une intellectuelle, Fatima Mernissi (1940-2015), sociologue iconoclaste et essayiste de renom. Le titre originel, Hadit al’Atama (Discours des ténèbres), se transformera l’année suivante, en 2002, en Une femme nommée Rachid, première version française. Cette femme, c’est Fatna El Bouih : elle est la première prisonnière politique marocaine à témoigner de son expérience – cinq années, ballottée d’une prison à l’autre, à tenter de survivre à la nuit carcérale.
Son récit est un choc immense : il dit les années noires, celles des bagnes et de la torture, celles de la répression, de l’arbitraire et du silence, sous le régime du roi Hassan II – disparu en juillet 1999. Fatna El Bouih, qui a réussi à mettre en mots son parcours, lors des ateliers d’écriture de Fatima Mernissi, ne cache rien – ou presque – des coups et des supplices, des insultes, des humiliations, des agressions sexuelles parfois, que les geôliers infligent aux prisonnières. Son récit, qu’on aurait voulu croire d’un passé révolu, résonne de terrible façon avec l’actualité du monde d’aujourd’hui. Mais il décrit aussi la résistance des prisonnières, leur solidarité et leur humanité, elles qui dénoncent, un jour, par leurs cris de révolte, le viol dont l’une des leurs a été la victime, qui se lancent dans des grèves de la faim pour obtenir l’amélioration de leurs conditions de vie ou qui, ensemble, lisent, étudient dans l’espoir de passer des examens, elles qui ont vu leur scolarité arrêtée en plein vol, elles qui ne sont pas censées, étant femmes, pouvoir penser et s’exprimer.
Servi par une nouvelle traduction de Souad Labbize, remanié, enrichi, ce témoignage pionnier – et rarement égalé – indique aussi, sans naïveté, la voie, non du pardon, mais d’une possible résilience, par la parole publique et par l’engagement citoyen en faveur des droits humains.

CS

Toutes peines confondues, de Fatna El Bouih, traduit de l’arabe (Maroc) par Souad Labbize, éditions iXe, 160 pages, 17

Aux marges du Palais Par Catherine Simon
Le Matricule des Anges n°266 , septembre 2025.
LMDA papier n°266
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LMDA PDF n°266
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