RUBRIQUE Textes & images
Les articles
Seul au monde
Dans une très picturale adaptation du roman de Mary Shelley, David Sala nous livre un Frankenstein immensément fragile, dont il fait une poignante figure d’exclusion.
Un homme marche, minuscule silhouette perdue dans la neige. C’est Victor Frankenstein, hagard… Retour en arrière : il est jeune, riche, un brin dandy. Fasciné par les expérimentations scientifiques, et notamment les travaux du médecin alchimiste Paracelse, il donne vie à une créature – qu’il ne nomme pas – fabriquée à partir de morceaux de cadavres récupérés dans un cimetière. David Sala rompt avec l’image que nous avons tous en tête, celle de Boris Karloff dans le film de James Whale. Du monstre de 1931, il garde les coutures mais en fait une silhouette géante, bleutée, au visage...
Cul nul : Encore de Anne Baraou
Quand les éditions de l’Olivier et Cornelius se contractent, cela donne Olivius, neuve officine entendant développer conjointement une collection de, mais de quoi ?, suspense, langue au chat, allez : des romans graphiques. Il se trouve que l’une des premières parutions ne ressemble en rien à un roman graphique : essentiellement construit par séquences de deux pages, elles-mêmes divisées en...
Même pas cape ?
Avec les photos de Pierre-Elie de Pibrac, voyage au pays des icônes et de la soupe populaire.
J’en avais marre de ce monde sans Super Héros. » Ainsi parle Captain Prospect : il a dans les 30 ans, garde secrète son identité, réside à Washington, prétend « aider les travailleurs de la capitale américaine », s’inspirant en cela de Spiderman et de Gandhi. On découvre ici d’autres comme lui : Blackbird, Professor Midnight, Zetaman, MrXtreme, Captain Jackson… tous rutilants, souvent...
L’ennemi public
Tampons crades, photos tristes et textes malins : réjouissante vue d’ensemble sur la production délurée de Vincent Sardon.
La vérité, c’est que je ne sais pas pourquoi je fais des tampons. C’est venu comme ça (…). Je n’ai pas d’anecdote significative à raconter, pas de cause première. Je peux juste constater que le Tampographe a tout envahi comme une ronce, tout bouffé, qu’il ne reste que des trognons de mes aspirations premières et de mon goût pour le dessin. » Alors cette ronce prolifère d’une page à...
Les bouches bées
Des sculptures primitives jusqu’aux gros plans contemporains, Bramly et Coulon se glissent avec adresse parmi les baisers de l’art.
Par exemple Le Baiser de Klimt, celui de Watteau, de Picasso : une flamboyante étreinte, ou le mouvement des corps, ou l’entremêlement des visages. Mais nulle pâmoison aussi crue, pas de luxure aussi démesurée que celle figurée par Hokusai, il y a deux siècles, dans le Rêve de la femme du pêcheur : madame en compagnie de deux poulpes, un petit qui « lui mange goulûment la bouche » alors qu’un...





