RUBRIQUE Essais
Les articles
Un livre
Eisen
de
Gouzel Iakhina
Eisenstein, l'ultime montage
Mêlant érudition, sensibilité et poésie, Gouzel Iakhina dresse le portrait d’un génie et d’une époque – démesurés : Eisenstein en Soviétie.
Un génie ? L’œuvre peut sembler mince : six films achevés (La Grève, Le Cuirassé Potemkine, Octobre, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible), un film inachevé, remonté bien après sa mort (Que viva Mexico !), un film totalement détruit dont seuls quelques photogrammes furent sauvés (Le Pré de Béjine). L’homme, lui, peut être aisément caricaturé : souvent infantile, en proie à la sensiblerie ou aux excès clownesques, incapable d’assumer ses penchants homosexuels, obéissant aux injonctions paradoxales du pouvoir politique… Ajoutons à cela le discrédit, pour ne pas dire plus,...
Quand voir c’est dire
En approfondissant et en analysant le « désir de voir », Laurent Jenny montre combien savoir regarder peut ajouter à ce qui est un surplus d’être.
Voir s’apprend. C’est en tout cas ce qui apparaît avec évidence à la lecture du Désir de voir de Laurent Jenny, un spécialiste de l’esthétique et de l’idéologie littéraire – La Terreur et les signes (Gallimard, 1983), La Parole singulière (Belin, 1990), La Vie esthétique (Verdier, 2013). Mais le désir de voir dont il est ici question n’est pas celui sur les origines et les déviations duquel...
Mœurs éternelles
En France, les passions politiques font leur entrée en littérature avec Balzac, avant de s’y répandre comme une traînée de poudre aux yeux à travers des œuvres de tout calibre, du canon de marine (Flaubert, Zola, Daudet…) au revolver pour dame (Feuillet, Champsaur, Bourget…) Avec une belle érudition de docteur ès lettres, Maryan Guisy en déploie point par point les ors et les revers à...
La vie est là
Qu’il voyage au loin ou entre les rayons d’une bibliothèque, Nicolas Bouvier collectionne les images : visages et paysages du monde-tel-qu’il-est.
Nicolas Bouvier le répétait sou-vent : son véritable métier, celui qui le nourrissait, était celui d’iconographe, c’est-à-dire non pas, « comme une étymologie trompeuse pourrait le suggérer, un peintre d’icônes » mais un « chercheur d’images, qu’une clientèle variée lui demande, et qui ce faisant en trouve de plus belles, cocasses, singulières qu’on ne lui demandait pas ». Par ailleurs, bien...
Où les solitudes se saluent
Avec K comme Kolonie, Marie José Mondzain signe un essai revigorant où, de Kafka à Baldwin, se vérifie combien la littérature permet de penser le biais stupéfiant d’une émancipation véritable.
Marie José Mondzain a écrit des livres exigeants et très documentés sur l’iconoclasme de la période byzantine, mais elle n’a jamais séparé son travail philologique et iconologique d’une approche critique et politique. Ses livres ont autant réfléchi sur les logiques de censure des images que sur le pouvoir qu’elles ont de lutter contre la confiscation qu’opère l’ultra-capitalisme sur le monde,...




