RUBRIQUE Essais
Les articles
Kung fu dialectique
Cette monographie consacrée à René Viénet, le plus drôle des cinéastes situationnistes, est une leçon sur l’art et la manière de faire feu de tout bois.
Ancien membre de l’Internationale situationniste et pionnier du détournement cinématographique (pour ne s’en tenir qu’à deux éléments saillants de sa biographie), René Viénet n’est pas de ceux qui gardent précautionneusement leur langue dans la mollesse d’une poche pusillanime. La sienne est plutôt du genre acerbe, elle va droit au but en utilisant la meilleure des armes, l’humour.
Ce fils de prolos du Havre a mené une vie aussi libre que débordante d’activités parfois improbables (des pamphlets « situs » à l’énergie nucléaire en passant par la production vinicole). À tel point...
Radicalement moderne
Ébauche de Mallarmé décrit la manière dont le poète, jeune homme encore inconnu, en vient à élaborer son rêve esthétique, jusqu’à initier l’une des œuvres les plus absolues du XIXe siècle.
À propos de Mallarmé, l’on évoque souvent le mythe littéraire qu’il incarna, l’homme de lettres célèbre et célébré, celui-là même que Verlaine dépeint en poète maudit, ou encore celui dont Huysmans fit l’éloge dans À rebours. Il est plus rarement question des années difficiles néanmoins décisives que furent son enfance et sa jeunesse. C’est bien ce qui intéresse ici Jean-Jacques Gonzales,...
Vivre debout
Retraçant les épreuves d’une vie violentée, la sociologue Johanna Siméant-Germanos nous plonge dans un passé qui, loin d’être passé, résonne encore douloureusement.
Michel Foucault, parmi ses nombreux projets et entreprises – que sa mort précoce l’empêcha de totalement mener à bien – avait envisagé une « anthologie d’existences », une collection de textes qui auraient eu pour titre frappant La Vie des hommes infâmes. Retracer ces vies « obscures et infortunées » susciterait alors en nous « un certain effet mêlé de beauté et d’effroi ». Il eut le temps de...
L’amer, toujours recommencé
Avec l’histoire de l’amaro dans la cuisine italienne, Massimo Montanari nous régale et nous dépayse en érudit.
Massimo Montanari est un gentleman. Certes il souligne « le déclin progressif de l’amer dans la culture française » à partir des Lumières et tôt déjà quand « l’expression « amer-doux », attestée jusqu’au début du XVIe siècle », s’y voit remplacée par « doux-amer ». Mais il ne le fait qu’après avoir payé sa dette à L’Amer d’Emmanuel Giraud (Argol, 2011) qui a inspiré son essai sur l’« amaro »,...
Mexique au cœur
La poétesse Sœur Juana Inés de la Cruz (1648-1695), le romancier Juan Rulfo (1917-1986), l’historien Luis González y González (1925-2003) : trois figures pour se figurer un certain esprit mexicain, selon J. M. G. Le Clézio, dont on sait qu’il a depuis longtemps ce pays au cœur. Pour le prix Nobel de littérature 2008, cette terre n’est pas simplement un tropisme mais une sincère, mieux :...





