RUBRIQUE Essais
Les articles
Kontroll des estomacs
Antoine Dreyfus nous révèle la politique de l’alimentation des nazis, et en quoi nous en avons hérité. Instructif et dérangeant.
Français ou américain, le cinéma comique d’après-guerre a caricaturé le nazi en gros consommateur de choucroute et de bière, façon folklore bavarois. C’est « Papa Schultz » incarné par Francis Blanche dans Babette s’en va-t-en-guerre (1959), ou John Banner, friand de strudels, dans son remake hollywoodien Stalag 13 (1965), une sitcom en six saisons. Dans les deux versions, le SS est en surpoids et pas très futé, c’est un sergent Garcia mais fridolin. Méconnue, l’histoire de ce que mangeaient les nazis est plus complexe et troublante que ce cliché. Journaliste, Antoine Dreyfus, remarqué...
Un livre
Bibliocrimes. livre au cœur de l’enquête
de
Marine Le Bail
Bibliocrimes. Le livre au cœur de l'enquête de Marine Le Bail
Depuis les assassinats pléthoriques chez les historiens romains de la République et de l’Empire, jusqu’au genre conquérant du roman policier, nos bibliothèques regorgent d’actes criminels, à se demander s’il ne faudrait pas imprimer en lettres de sang. Une investigation propulse le lecteur vers des crimes plus livresques encore : Marine Le Bail place « le livre au cœur de l’enquête », au...
novembre 2025
Le Matricule des Anges n°268
La grammaire des bousilles
À finalité médico-légale et de police, l’étude sur les tatouages de Lacassagne (1843-1924) témoigne aussi de sa passion de collectionneur et d’anthropologue. Un classique.
La « bousille » ? En argot carcéral, le tatouage. Au XIXe siècle, les pères fondateurs de la criminologie moderne – Lombroso, Lacassagne, Bertillon qui en 1902 découvrira les empreintes digitales – y voient un moyen d’identifier les criminels. Les tatouages sont à la mode à l’époque dans les classes populaires – marins, militaires (en France en particulier des bataillons disciplinaires...
Voix décoloniales
Mêlant les genres (essais, fictions), les livres des éditions Ròt.Bò.Krik sont marqués par un engagement émancipateur.
La Décolonisation n’est pas une métaphore de Eve Tuck et K. Wayne Yang, essai paru en 2022, avait donné le ton. Trois ans et une douzaine de titres plus tard, l’ambition de Ròt.Bò.Krik est la même : répondre à la demande d’une « partie de la jeunesse » qui s’est « politisée autour de la question décoloniale », confirme, au téléphone, l’éditeur et traducteur Jean-Baptiste Naudy. Lui-même, venu...
L’Envers de la tapisserie, d’Alberto Manguel
Comme à son habitude, c’est à un voyage érudit et enchanteur à la fois que nous convie Alberto Manguel. Voyage plus court, cependant, que ceux, au long cours plein de détours, que furent les explorations d’Une histoire de la lecture ou de La bibliothèque, la nuit, opera magna indispensables. Dès l’abord, la première métaphore surgit, immédiatement éclaircie par le sous-titre : « Propos sur...




