La rédaction Thierry Guinhut
Articles
L'exil et le départ
Dissidence politique et lyrisme poétique par le Russe Joseph Brodsky.
Si la poésie éclaire le monde, celle du Russe Joseph Brodsky est Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires. En cette vaste anthologie poétique 1961-1996, le prix Nobel de littérature 1987 bouscule un programme tant historique que géographique.
Né en 1940 à Saint-Pétersbourg – alors Leningrad – et mort à New York en 1996, il a traversé la fin du stalinisme, puis celle du communisme, quoique la Russie n’ait pas abandonné son tropisme impérial. N’écrivait-il pas : « L’Empire est un pays pour imbéciles ». En conséquence, il n’y fut guère publié, car son anticonformisme, son rejet du...
La Mélancolie de celui qui vise juste de Lewis Nordan
Une atmosphère étouffante empreint ce roman venu du sud des États-Unis. Celle des bayous du Mississippi, dont la chaude humidité obsède les corps, celle des esprits surchauffés par le « whisky de patates », celle de la violence à fleur de peau. Les habitants d’Attrape-Flèche ont la gâchette facile, à l’instar du jeune Hydro, ainsi surnommé parce qu’en une métaphore du milieu liquide...
Baudelaire, l'art contre l'ennui de Stéphane Guégan
Bicentenaire oblige, l’on sait que Charles Baudelaire naît en 1821 pour mourir à 46 ans sous les coups de la syphilis. Si l’on connaît le poète tendre, scandaleux et coruscant des Fleurs du mal, les petits poèmes en prose du Spleen de Paris, son travail de critique d’art l’est moins. À cette lacune répond Stéphane Guégan avec Baudelaire, l’art contre l’ennui, essai joliment illustré, mais...
Lazare attend de James Morrow
Venu des temps bibliques, Lazare, opportunément ressuscité par le Christ, s’offre une nouvelle résurrection sous le clavier impertinent de James Morrow. Prétendant que son histoire ancienne était un « tour de magie », le voici réincarné en « Larry » à New York dans les années 60. Un cinéma diffuse une pornographique « Salopmé » et autres « films bibliques à succès », il découvre Freud et les...
Une autre histoire de l’art
L’essayiste Georges Roque raconte ce que la peinture doit à un insecte : la cochenille. Épopée du rouge.
L’on ne pense pas assez que du pinceau au tableau, en passant par la palette, les couleurs ne tombent pas du ciel. Il faut en découvrir la source, puis les fabriquer. Sur leurs parois, les hommes de la Préhistoire usaient de terres ocre ou rougeâtres, de noir charbon de bois. Pline l’Ancien témoigne que depuis l’Antiquité l’on broyait des minéraux, des plantes, des mollusques, en particulier...





