La rédaction Thierry Guinhut
Articles
L'exil et le départ
Dissidence politique et lyrisme poétique par le Russe Joseph Brodsky.
Si la poésie éclaire le monde, celle du Russe Joseph Brodsky est Comme un flambeau, dans ces ténèbres noires. En cette vaste anthologie poétique 1961-1996, le prix Nobel de littérature 1987 bouscule un programme tant historique que géographique.
Né en 1940 à Saint-Pétersbourg – alors Leningrad – et mort à New York en 1996, il a traversé la fin du stalinisme, puis celle du communisme, quoique la Russie n’ait pas abandonné son tropisme impérial. N’écrivait-il pas : « L’Empire est un pays pour imbéciles ». En conséquence, il n’y fut guère publié, car son anticonformisme, son rejet du...
Cosmos ambulant de Richard Texier
Récit de voyage, autobiographie, essai d’esthétique, tout à la fois. Tel nous séduit ce Cosmos ambulant, parmi cinq espaces dispersés dans le monde entier, qui constituent la pléiade d’ateliers du peintre et sculpteur Richard Texier. Ce quintette géographique va de Manhattan à une fonderie de Shanghai, en passant par Moscou, Hyères et le phare de Cordouan. Moins que « le cœur chaud de la...
Traversées mentales
Bordé de références littéraires, l’onirique roman du Chypriote Sofronis Sofroniou défie les bulles temporelles.
La métaphore du jeu d’échecs innerve ce roman, météore plus qu’étrange. Car au voyage dans l’espace s’ajoute celui dans le temps, entre fantastique et science-fiction. Car une partie délicate s’engage, entre la vie et la mort, entre la mémoire et l’art.
Assassiné en 1948, à la soixantaine, le narrateur, un joueur d’échecs new-yorkais, est projeté sur la planète « Petite Vie », retrouvant...
Purextase de Andreï Guelassimov
Le bruit du rap, la fureur de la guerre, le désordre russe, tout concourt à faire de ce roman un phénomène de génération. Si l’action paraît se dérouler en 1996, ce sont toutes les années 1990 qui sont ici prises en écharpe, mais aussi, plus tard, en 2016, l’Allemagne de Dortmund, au moyen des souvenirs d’un célèbre rappeur. Qu’il s’appelle Pistoletto, Tolia ou Booster, selon ses divers...
Un air irrespirable
Févier 1933 : l’orage nazi foudroie la littérature allemande.
Nous n’ignorons pas que le nazisme organisa de festifs autodafés, brûlant des monceaux de livres juifs, et d’antagonistes politiques. Mais que ces feux signent un « hiver de la littérature », nous n’en avions qu’une partielle idée avant cet ouvrage d’Uwe Wittstock qui dresse un édifiant tableau.
Si les menaces étaient assez claires depuis qu’Hitler et son parti montaient en puissance, c’est...





