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La rédaction Richard Blin

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Articles

Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur

de Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer. Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
septembre 2026
Le Matricule des Anges n°276

Kafka prince de l’identité

de Jean-Pierre Gaxie

Transfuge de lui-même

Convoquant les photos, le nom et les dessins de l’écrivain, Jean-Pierre Gaxie montre comment l’œuvre de Kafka remet en cause et dépasse le principe d’identité. Qui sommes-nous vraiment ? Qu’en est-il de notre identité, non pas celle qui concerne l’état-civil, notre milieu social ou familial, ou celle qui se résume à nos empreintes digitales ou génétiques, mais celle que met à mal le sentiment qu’on peut avoir, parfois, d’être dans notre corps sans y être tout à fait ; ou le fait, d’autres fois, de ne pas nous reconnaître identique à nous-mêmes....
janvier 2006
Le Matricule des Anges n°69

Petits proustillants

de Jacques Géraud

Proust en Adidas

En 36 variations, aussi burlesques que complices, autour d’un Proust réincarné en lycéen d’aujourd’hui, Jacques Géraud donne corps aux fantasmes de Marcel. Dans la littérature comme dans la peinture, la chair ne meurt jamais avec la mort. Elle perdure, plus ou moins joyeuse et ludique. Jacques Géraud, qui ne le sait que trop, a ainsi imaginé de transposer Marcel Proust, de sa Belle Époque chérie, à la nôtre. Un néo-Marcel donc, âgé de 18 ans et vivant de nos jours sa dernière année au lycée Condorcet (que le vrai fréquenta entre 1882 et 1889)....
janvier 2006
Le Matricule des Anges n°69

Le Seul jardin japonais

de Sandra Moussempès

Douce dislocation

Court mais dense, énigmatique et troublant, le dernier recueil de Sandra Moussempès. Une fausse mise à nu, une traversée du jardin du désir et des amours, où tout n’est qu’une « question de perception », de passe et d’impasse, de connivence et de coïncidence. « Avec un casting de rêve on fabrique un mausolée ». Ce qui caractérise ce qu’écrit Sandra Moussempès, c’est une façon d’évoquer le...
janvier 2006
Le Matricule des Anges n°69

Avis de passage

de Henri Droguet

L’être et le béant

Pour dire le grand charivari acide et fauve de tout ce qui passe et fuit, Henri Droguet dompte et conduit un vers aussi déferlant que musicien. Henri Droguet c’est d’abord un climat et une voix qui donne du corps aux pleins et aux déliés de la lutte majuscule que se livrent les éléments. Son poème est ouvert aux vagues, aux vents, aux « splendeurs hasardeuses » et aux dérives sauvages. Il y a « de l’embolie dans le chaos de l’éboulis / du bibelot de l’abattis de l’embargo / déferlements hirsutes / labours à l’étalée des déluges /...
janvier 2006
Le Matricule des Anges n°69