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La rédaction Richard Blin

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Articles

Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur

de Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer. Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
septembre 2026
Le Matricule des Anges n°276

Off

de Henri Droguet

Viande et fourbi

Toute grande poésie relève d’un sens du lieu et de la formule, ce qui exclut les poètes qui se regardent au profit de ceux qui regardent et cherchent à capter la musique de fond de la vie. Car « vivre est émouvant, et la poésie n’est pas autre chose que le relevé sec, tranchant, impitoyable, de cette émotion sans équivalent immédiat », selon Georges Perros, qu’Henri Droguet cite en exergue de...
février 2008
Le Matricule des Anges n°90

Cortège des ombres

de Julián Ríos

Exercice d’exorcisme

Dans son premier livre, inédit, Julián Ríos compose un adieu au pays sur fond de destins sans salut, d’échec et d’alliance trouble. L’entrée en littérature, comme tous les débuts, est toujours un moment des plus intéressants à observer. Pour Julián Ríos - né en 1941, et considéré comme le grand rénovateur de la prose espagnole - tout a commencé dans les années 60 par l’écriture de nouvelles dans lesquelles il cherchait à faire revivre « le pays des merveilles de l’enfance et de l’adolescence, avec ses ombres du passé...
février 2008
Le Matricule des Anges n°90

Guillotinez-moi ! Précis de décapitation

de Patrick Wald Lasowski

Le tranchant de la terreur

Instrument de mort, et de gouvernement, de la Terreur, la guillotine a hanté le XIXe siècle. Baptisée par référence au docteur Guillotin alors qu’il n’en est pas l’inventeur mais en proposa l’usage dès 1789, cette mécanique sépulcrale comme l’appelait Chateaubriand, fut d’abord présentée comme un progrès mettant fin à une tradition qui faisait varier le supplice en fonction du crime. La mort...
février 2008
Le Matricule des Anges n°90

L’or et l’ordure

Derrière l’évocation d’anges cannibales conjuguant leur infernale beauté à la douceur du lait des louves, c’est son autoportrait - anamorphosé - que Jean Billeter peaufine dans son troisième roman. Ses coups de griffe ont du style, ses lamentos saignent comme des couteaux de givre. Véhémence, morsure et outrance, Jean Billeter est un enlumineur d’âmes douloureuses, un orpailleur en quête de la grâce, n’écrivant qu’au bord de l’effritement et de la dislocation intérieure. Ses romans sont de la tripe tressée, de l’amour tordu, surchauffé, sur fond d’immense solitude. Après l’Enfer de Dans...
janvier 2008
Le Matricule des Anges n°89