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La rédaction Richard Blin

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Articles

Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur

de Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer. Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
septembre 2026
Le Matricule des Anges n°276

Aa : Journal d’un poème

de Caroline Sagot Duvauroux

L’alchimie du verbe

Avec Caroline Sagot Duvauroux la poésie n’est pas un long fleuve tranquille. Un cinquième livre écrit à la folle allure de ses dérives dans le sillage d’Héraclite. À l’extrême bord de l’être comme de la langue, la lumière aveugle et tend à effacer toute pensée. C’est une manière de fièvre blanche qui a des splendeurs d’éclipse et des relents d’échouage. Comment sortir alors de cette forme d’exil dans le blanc de la langue, redonner un ciel à ce qui a faim de naître ? C’est cette expérience que nous fait vivre Caroline Sagot Duvauroux. Avec...
janvier 2008
Le Matricule des Anges n°89

Ambroise Paré : Main savante

de Jean-Michel Delacomptée

S’emparer (suivi de) Des Monstres et prodiges

de Jean-Louis Giovannoni , Ambroise Paré

La main réparatrice

Génie singulier - anatomiste, obstétricien, prothésiste et surtout grand chirurgien - Ambroise Paré (1510-1590) a inspiré Jean-Michel Delacomptée et, dans une moindre mesure, Jean-Louis Giovannoni. Soigner, soulager, tailler dans le vif, guérir en un temps où n’existaient ni radiographie, ni anesthésie, ni antisepsie, ni analgésiques, relevait du défi et du sacerdoce. Amplement justifié donc l’exercice d’admiration auquel se livre Jean-Michel Delacomptée dans l’hommage qu’il rend à Ambroise Paré, l’un des pères de notre chirurgie. En portraitiste, et non en biographe - « Je ne cherche...
janvier 2008
Le Matricule des Anges n°89

Les Animaux industrieux

de Auxemery

À bord d’abîme

À travers un sensoriel corps à corps avec le réel, « Les Animaux industrieux » est une magnifique méditation poétique sur la gloire sauvage et les rêves échoués de l’homme, signée Auxeméry. On ne se doutait pas en ouvrant Les Animaux industrieux d’Auxeméry - sans prénom - que nous allions commencer la lecture d’un de ses livres - plus que rares - qui dès les premières lignes vous arrêtent, vous retiennent puis vous captivent littéralement. Une puissance d’effet toute particulière, un éclat, un pouvoir d’inflexion et d’échos conjoints à la force révélante d’une vérité aussi...
novembre 2007
Le Matricule des Anges n°88

Je suis la bête

de Anne Sibran

La chair du sensible

À travers l’étonnant monologue d’une enfant abandonnée et ensauvagée, Anne Sibran explore le va-et-vient entre l’homme et l’animal. Et nous convainc que la culture n’est pas le destin de la nature. Le troisième livre d’Anne Sibran, par ailleurs scénariste de bande dessinée, est griffu, odorant, subtilement insolite, et comme sorti du ventre de la forêt et d’on ne sait quelle battue victorieuse des nuits. Après Bleu-Figuier et Ma vie en l’air, dont l’héroïne était déjà une petite fille, voici donc Je suis la bête, l’étrange et très prenant monologue d’une enfant oubliée, volontairement,...
novembre 2007
Le Matricule des Anges n°88