La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
La fascination de l’impossible
En nous faisant partager sa lecture de l’œuvre si singulière d’Ivar Ch’Vavar, Pierre Vinclair nous livre un récit d’initiation à la poésie.
On sait l’intérêt de Pierre Vinclair pour l’épopée, les formes pré-modernes de littérature et la « poésie première » des récits de création dont les pouvoirs de captation et de fascination le séduisent. Poète lui-même – Barbares et Les Gestes impossibles (Flammarion/Poésie) –, il ne cesse d’interroger notre modernité en cristallisant sa réflexion autour de trois pôles : la forme du poème, le...
La main qui voit
Comment la figure graphique vient-elle dans l’univers des tracés ? Et pour libérer quelles images mentales ? Ou comment Renaud Ego imagine la naissance de l’art figuratif.
Une fois passé l’éblouissement lié à la découverte des grottes ornées, les préhistoriens se sont interrogés sur les usages de leurs peintures en oubliant, ou en négligeant, ce qu’il y avait de stupéfiant dans ce geste si novateur consistant à « rendre visible le monde sous la forme de figures ». C’est à esquisser la genèse de ce qui a rendu possible l’émergence de cet art singulier de faire...
Une faune mirobolante
Digne de celui des Goncourt, le Journal (1953-1986) de Matthieu Galey – enfin donné dans son intégralité – démystifie les rites et les mœurs de la vie littéraire et mondaine. Férocement humain et délicieusement scandaleux.
Genre littéraire à la forme ouverte, le journal est un espace totalement libre dont chaque auteur décide de l’usage. Mais s’il y a autant de journaux que de diaristes, les plus intéressants sont souvent l’œuvre de ceux que tente l’écriture mais qui, en même temps la rejettent. C’est le cas du journal de Matthieu Galey, passionnant de bout en bout, parce que c’est le roman d’une vie, et que...
« Afin de voir enfin ce que tu n’as pas vu »
Apôtre de la subjectivité réfléchissante, Hans Magnus Enzensberger a l’art de ramener le fouillis contradictoire de la réalité à quelques images décisives dont il tire une sagesse à usage personnel.
Plus connu comme essayiste que comme poète, Hans Magnus Enzensberger – qui est aussi auteur dramatique et romancier – occupe une place très singulière sur la scène poétique allemande. Né en Bavière en 1929, ce polyglotte amoureux des mathématiques se fit d’abord connaître en participant au « Groupe 47 » (Heinrich Böll, Ingeborg Bachmann, Günter Grass, Uwe Johnson, Paul Celan…) qui...




