La rédaction Richard Blin
Articles
Un livre
Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur
de
Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation
Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer.
Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
Voltige ! d’Isabelle Lévesque
Sous l’œil bleu du ciel et de la volatilité des songes, c’est à l’effeuillement du dedans sur le nu du dehors que nous convie Voltige !, le nouveau livre d’Isabelle Lévesque. Un livre nourri de cette émotion primitive où s’affirme la passion d’aimer et d’écrire que pourraient illustrer ces trois vers de Un peu de ciel ou de matin (Les Deux-Siciles, 2013) : « Tu m’appelais feuillage / et nous...
On ne décode jamais assez
En analysant les premières phrases de romans ou de pièces de théâtre très connus, Laurent Nunez nous livre une célébration de la littérature.
Voici un petit livre à la couverture rouge sur lequel tous les professeurs de lettres devraient se précipiter. Un livre qui propose de tout reprendre par le début, le moment où ça commence, autrement dit l’incipit. D’où le projet de vraiment lire les premières phrases de quelques chefs-d’œuvre de la littérature française, de s’attarder à cette première phase de l’immersion dans une œuvre, de...
Fin de partie
Homme du refus et du silence, hérétique tiraillé entre sa rébellion et son échec, André Bernold témoigne de ce que c’est qu’être happé par une forme de sauvagerie philosophique. Inattendu, convaincant, troublant.
Une émotion secrète et contenue anime chaque page de J’écris à quelqu’un, un livre qui marque le retour à la littérature d’André Bernold plus de vingt ans après L’Amitié de Beckett (1992) et Soies brisées (1999, tous deux chez Hermann), et qui par son genre et son contenu ne ressemble à rien d’ordinaire. Un livre essentiellement construit à partir du contenu de lettres envoyées à...
Ma maîtresse forme, de Sophie Loizeau
Une sensation nue de la vie, un sens aigu des rythmes et des rapports qui s’établissent entre un corps et un lieu, une façon d’entremêler intimement la nature à une intériorité, il n’y a que Sophie Loizeau pour réussir cette union entre l’universel et l’intime.
La maîtresse forme qu’annonce le titre caractérise l’essence de cette relation, le tour particulier qu’elle prend dans cette façon...



