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La rédaction Richard Blin

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Articles

Henri Michaux, pèlerin de l’intérieur

de Patrick Krémer
Un désir inapaisé de révélation Mystique refoulé et saboté autant qu’explorateur méticuleux du lointain intérieur comme des lointains ailleurs, Henri Michaux aura cherché l’Absolu toute sa vie. En aventurier intrépide de l’infini turbulent, et en artiste des paradoxes et des paroxysmes, ainsi que nous le montre le livre que lui consacre Pascal Krémer. Si vous êtes de ceux qui lisent pour échapper au tourment d’être, fuyez les livres d’Henri Michaux ! Car dans leur insouciance absolue de séduire, des livres comme Qui je fus, Mes propriétés, Un certain Plume, La Nuit remue ou Voyage en Grande Garabagne sont des modèles d’outrance fiévreuse, de provocation iconoclaste et d’analyse d’états inondés d’insaisissable. Des livres inclassables qui se présentent comme autant d’avatars d’un moi éclaté qui n’aura cessé de se parcourir, de se mettre à l’épreuve, d’explorer son humanité dérisoire. Rejetons d’une vie que Michaux a consacrée à la...
septembre 2026
Le Matricule des Anges n°276

Poèmes de l’Ermitage

de Ryôkan

Avertissements

de Ryôkan

« qui peut dire de mes poèmes qu’ils en sont ? »

Ainsi s’exprimait Ryôkan (1758-1831), un moine zen, et un ermite-poète, dont Alain Colas vient de traduire intégralement les Poèmes de l’ermitage. Peu connu de son temps mais devenu presque légendaire au Japon, Ryôkan – du nom sous lequel il a été ordonné moine – ne se soucia jamais de faire « une œuvre ». Le premier recueil d’une partie de ses poésies, La Rosée d’un lotus (Gallimard, 2002), fut constitué, après sa disparition, par une jeune moniale, Teishin, à laquelle il avait été lié par une amitié amoureuse à la fin de sa vie....
juillet 2017
Le Matricule des Anges n°185

Requiem de guerre

de Franck Venaille

Impossible cessez-le-feu

En Seigneur de guerre vieillissant et blessé, Franck Venaille nous livre ce qui est une poétique de l’incontournable. Humain, désespérément humain ce Requiem de guerre qui a l’exacte beauté de cette catastrophe transcendante qu’est le réel vécu au plus près de soi. Venant dans la lignée de Chaos, Ça, C’est à dire, il a l’éclat tragique de la poésie quand elle est l’autre nom d’une lutte qui sait qu’elle ne vaincra pas. Il est l’œuvre de notre Villon des temps modernes, d’un homme égaré dans la vie et depuis...
juillet 2017
Le Matricule des Anges n°185

Et le corps blanc des amoureuses

de Bénédicte Heim

Lyrisme pulsionnel

En mettant le verbe au centre du corps, Bénédicte Heim fait mystérieusement sonner le langage englouti que se parlent entre elles nos forces obscures. Elles sont rares les écritures qui font de l’exploration éperdue du monde sensoriel et de nos instincts refoulés, leur champ d’application. C’est le cas de celle de Bénédicte Heim, qui a l’art de donner chair à la morsure des passions, à la part redoutable de nos identités comme à ce qui palpite d’intemporel dans ce qui saigne d’être périssable. À commencer par l’amour, dont la quête affolée...
juillet 2017
Le Matricule des Anges n°185

Je suis le monde qui me blesse

de Raphaële George

Des fleurs dans le désert

Avec la publication de son Journal intégral, c’est une Raphaële George se sentant fautive, fictive, piégée dans un mauvais destin que nous découvrons. Un désastre d’être qu’elle éclaire avec une sorte d’intelligence secrète. Sous l’intensité parfois brûlante, c’est d’un corps dépaysé, cherchant constamment à se remettre en état de connaissance et en état de convenance, qu’émane le journal de Raphaële George, de son vrai nom Ghislaine Amon, née en 1951 et morte à 34 ans, en 1985, un mois après la parution d’Éloge de la fatigue avec Les Nuits échangées (Lettres Vives, 1985). Puis paraîtront, à titre posthume,...
juillet 2017
Le Matricule des Anges n°185