La rédaction Julie Coutu
Articles
Celle que tu vois de Catherine Prasifka
Catherine Prasifka raconte à la deuxième personne du singulier et l’effet est immédiat. Son héroïne est comme immergée dans nos vies. Elle nous raconte, on lui parle, elle est là, incontournable. On la rencontre à 7 ans, caméscope à la main, au seuil d’une découverte qui s’apprête à orienter le reste de son existence. Elle filme la plage, elle s’éloigne, elle pose, elle visionne les images. « La seule chose que tu sais, c’est que tout ce que tu filmes, ça devient autre chose que la vraie vie. » Et puis, arrivée d’un ordinateur à la maison. Des recherches de chats mignons sur Internet,...
L' Atelier de Sarah Hall
D’un roman à l’autre, Sarah Hall creuse le sillon d’une écriture engagée, résolument féminine sinon féministe, écologiste, revendicative, dystopique. Ses textes sont intimistes, intransigeants ; elle y aborde sans tabous la sexualité, la violence, les idéologies. Après le postapocalyptique Sœurs dans la guerre (Rivages), elle offre cette fois sa version d’un monde pre/in/postépidémie, et une...
S’envoler autrement
Un roman tout en poésie, comme un moment suspendu, du québécois Jean-François Beauchemin.
C’est à une promenade que nous convie Jean-François Beauchemin dans Le Roitelet. Autre nom d’oiseau après son envoûtant Le Jour des corneilles (Les Allusifs, 2004). Pas d’intrigue, pas de mystère, presque pas de récit à proprement parler, mais bel et bien une promenade, modeste, un long et lent cheminement, tout en simplicité, en quotidienneté. On pourrait appeler ça poésie, pensées,...
Tandem en galère
Avec Abondance, Jacob Guanzon fait le portrait de cette Amérique qui se cache, derrière l’hyper consumérisme.
Compter. Chaque dollar, chaque centime. Compter même quand il n’y a plus rien. Compter en imaginant un jour ne plus compter. Compter et ne jamais voir le début de la fin de ce long tunnel de misère et d’oubli dans lequel l’Amérique loin du rêve plonge ses laissés-pour-compte ; qui faute d’essence ne parviendront jamais au prochain rendez-vous pour un hypothétique job.
Jacob Guanzon, dans ce...
Démoniaque Ohio
Deuxième roman de Tiffany McDaniel, L’Été où tout a fondu ramène le lecteur à Breathed et invite le diable à une dramatique villégiature.
Avec Sal, sa peau sombre, ses yeux verts, la chaleur envahit les rues de Breathed, s’infiltre, dévore au plus profond les cœurs et les âmes. L’Été où tout a fondu est un roman sans espoir, au lyrisme dramatique, laissant jaillir des fulgurances lumineuses quand tout fond au noir. Famille, communauté, intolérance, racisme, religiosité : tout s’y mêle, tout s’y brouille, tandis qu’avec la...





