La rédaction Julie Coutu
Articles
Celle que tu vois de Catherine Prasifka
Catherine Prasifka raconte à la deuxième personne du singulier et l’effet est immédiat. Son héroïne est comme immergée dans nos vies. Elle nous raconte, on lui parle, elle est là, incontournable. On la rencontre à 7 ans, caméscope à la main, au seuil d’une découverte qui s’apprête à orienter le reste de son existence. Elle filme la plage, elle s’éloigne, elle pose, elle visionne les images. « La seule chose que tu sais, c’est que tout ce que tu filmes, ça devient autre chose que la vraie vie. » Et puis, arrivée d’un ordinateur à la maison. Des recherches de chats mignons sur Internet,...
Le noir en quatre saisons
Entre polar et roman psychologique, Marie Vingtras explore avec Les Âmes féroces les angles morts des gens de Mercy.
Tout le monde se fabrique une idée, un fantasme, de l’Amérique ; une part du rêve intime et collectif, façonné à grand renfort de clichés, une Amérique à soi qui correspond peu ou prou à la réalité, et acquiert un étrange pouvoir : se réagencer à l’envi avec ses personnages, archétypes, grands espaces, villes, déserts.
Marie Vingtras ne fait pas exception à la règle, mais elle s’en...
Cinq filles perdues à tout jamais de Kim Fu
Quelque part au croisement entre Sa Majesté des mouches (William Golding) et les Rêves de garçons (Laura Kasischke), avec un parfum de la série Yellowjackets aussi, Kim Fu raconte Cinq filles perdues à tout jamais, à l’aune d’un événement traumatique de leur enfance-adolescence. Elle questionne, page après page, les fondements de l’identité – d’où vient-on ; qui, quoi, pour nous orienter,...
Sous l’œil de la renarde
Sillonner les rues de Tokyo, y suivre un fantôme, pleurer un amour disparu : le troublant voyage de Vincent Brault.
Une mort étrange et brutale, un Canadien de Montréal lost in translation, des galeries d’art, une ribambelle de personnages. Voilà qui peuplent cette histoire de fantôme par Vincent Brault. Le Fantôme de Suzuko est un texte tout en phrases courtes, nominales, hachées, accordées aux battements rapides et erratiques du cœur d’un narrateur triste, perdu, éperdu, en exil à Tokyo et comme coincé...
Au fin fond des bois
Là où la terre se fond dans les eaux, écoutons la voix des Filles du chasseur d’ours s’élever, hurler, maudire, dans un roman sauvage.
On y rencontre une forêt, l’ombre de l’ours, une chaumière abandonnée, sept filles à l’allure et au parfum d’ogresse, des trésors enterrés, une ville sous la neige, une narratrice comme une bonne fée. Et pourtant, Les Filles du chasseur d’ours n’a du conte que l’apparence, et tient les fées, bonnes ou mauvaises, très à distance. Ne serait-ce que par cette odeur qui se dégage de la troupe...





