La rédaction Flora Moricet
Articles
Histoire de l'art avec personnes
Le nouveau texte de Gaëlle Obiégly, Rien à voir, entremêle l’art, la fiction et la vie dans une rhétorique joueuse.
Tout part de la commande d’un artiste bientôt ami. Ari Bosochur sollicite la narratrice pour raconter la rétrospective d’œuvres absentes, le plasticien les ayant fait disparaître. Flattée, celle qui se fait appeler « Rose de nuit » accepte et profite de son « exposé » pour sonder son propre rapport à l’art. Comme dans la plupart des romans de Gaëlle Obiégly la conteuse ressemble de façon troublante à son autrice. Mais pour la première fois, Rien à voir convie des personnages presque fictifs, entremêlant leurs histoires au rêve d’Ari Bosochur (anagramme de Boris Achour) et à la quête...
Ce que parler veut dire
Remarquable mise en scène de la parole, véritable feuilleton de la pensée, le onzième livre de Gaëlle Obiégly libère un imaginaire irrésistible.
Elle grandit en Beauce puis échoue à étudier l’histoire de l’art dans une université à Paris. (…) Puis elle part en vacances en 1993 aux États-Unis », à lire sa page Wikipédia, on se dit qu’il n’y a qu’elle pour se présenter comme ça. L’autrice de 51 ans, habitée par la question de la parole et de l’aveu depuis son deuxième roman, Le Vingt et un août (L’Arpenteur, 2002), poursuit une forme...
L’émerveillement sans bruit
David Bosc imagine un monde à la temporalité et à la géographie rêvées, un royaume sans pouvoir où la liqueur étourdit sans faire perdre pied.
Si on veut, c’est Marseille et l’on l’appelle Mahashima. (…) À Mahashima, longtemps capitale d’un royaume sans importance, Ryoshù mesure son bonheur de vivre heureux dans une ville heureuse ». Les mots de la quatrième de couverture sont une belle entrée dans le sixième roman de David Bosc d’une profonde densité poétique. Conte sans morale où l’on suit le cheminement d’un homme, parti...
L’intervalle de toutes les épiphanies
L’écriture de la brièveté infiniment gracieuse de Christophe Manon où le provisoire se réconcilie avec la joie.
Sur l’horizon de la finitude, le nouveau recueil de Christophe Manon abrège les passions tristes et s’empare d’un vivant flamboyant. En quelques mots, les poèmes conjurent le désespoir d’un « temps qui file/ à très grande vitesse mais jamais ne revient » pour ne retenir que ce que ces fulgurances permettent : un état de grâce. Souvent fougueuse et toujours d’une grande précision, la langue de...
La Dernière Saison du monde
J’ai élargi mon corps/ Laissé se former d’autres strates/ Choisi de trouver la douceur/ Au milieu de cette algèbre opaque ». Le coauteur de Nino dans la nuit (Allia, 2019) révèle une mélancolie apaisée et prend le parti d’une douceur désarmante. Dans une prose épileptique, Simon Johannin éclairait des figures romanesques furieusement à la marge. Assagi, son deuxième recueil de poésie porte un...





