La rédaction Etienne Leterrier-Grimal
Articles
Des livres
Canne
de
Jean Toomer
Feu !!
Harlem in fire
Deux textes réédités chez Ypsilon illustrent l’audace moderniste et la force poétique de la Harlem Renaissance : un feu qui couve des champs de canne à sucre de Géorgie jusqu’aux trottoirs de New York.
Le premier, Canne est un roman qui n’en est pas vraiment un. L’autre, Feu ! Harlem 1926 est une revue périodique signée par des noms comme Langston Hughes, ou Zora Neale Hurston… qui n’aura jamais connu qu’un seul numéro. Cela suffit à dire sous quel régime de fragilité éditoriale et avec quelle puissante incandescence se sont énoncées à l’époque les propositions contenues dans ces pages. Trois années seulement les séparent, mais elles suffisent à faire entendre deux moments d’une même secousse : l’émergence d’une modernité noire américaine, à la fois poétique et politique, à la fois...
Un auteur
« Endurer puis triompher »
De Faulkner à la Bible, des corps martyrisés à l’écriture des voix, des fantômes au rôle émancipateur des femmes : retour sur une œuvre puissante en compagnie du dernier écrivain américain nobélisé en activité.
Elle n’a passé que quelques jours à Paris, à l’occasion du festival America, dont elle était l’invitée d’honneur. On nous avait prévenus : loin de considérer l’interview comme une formalité, Toni Morrison s’y montre engagée, précise. Sous l’iconique cascade de cheveux grivelés, une robe de couleurs vives sur laquelle brille une médaille religieuse. À quatre-vingt-un printemps et probablement...
Un auteur
Reine de Saba
Chantre de l’âme noire, la romancière Toni Morrison ne cesse d’interroger la mémoire de l’histoire américaine. Puissante et sensuelle, tragique et onirique, son œuvre forme un chœur où résonnent les voix de ceux que l’on opprime. Parution de Home.
Si elle s’appelle aujourd’hui Toni Morrison, c’est parce que les autres n’arrivaient pas à prononcer correctement son autre nom : Chloe Anthony Wofford, née le 18 février 1931 à Lorain, Ohio, une petite bourgade industrielle et portuaire située à une quarantaine de kilomètres de Cleveland, au bord du Lac Erié. Dans ces années d’après la Grande Dépression se rassemblent, attirées par les...
Bouches d’ombre
Espaces 34 entreprend la salutaire réédition de l’oeuvre théâtrale de Patrick Kermann, peuplée de vivants bien gisants.
On lit quelque part que son auteur aurait décrit De quelques choses vues la nuit comme une « déambulation dans un no man’s land entre ciel et enfer ». Tout semble dit : la guerre encore fraîche, l’errance, un rapport si ambigu à la transcendance et à la foi, et cet espace que ne définit qu’un mince intervalle, une double frontière. De fait, il s’agit là d’une suite de scènes qui toutes...
Un auteur
Insoutenable légéreté
Premier opus d’une grande fresque où le spleen et le rire cohabitent, Zanzaro Circus campe Jack-Alain Léger en joueur de flûte, au milieu du cercle de ses souvenirs.
Jack-Alain Léger porte une mélancolie dissimulée sous des lunettes de soleil noires. Par téléphone, il a annoncé aussitôt la couleur : une dépression qui ne le quitte plus depuis trois ans, la grippe, depuis dix jours. Dans un café du XIIIe arrondissement parisien, il a accepté malgré tout l’entretien de bonne grâce, et fait remarquer dans un sourire, que c’est le premier que Le Matricule lui...


