La rédaction Emmanuelle Rodrigues
Articles
Le goût de vivre
Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde.
Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et l’attention de celle qui observe de tous ses sens une nature qui l’environne et la contient, elle dévoile l’intensité de son regard sur le monde vivant.
Née...
Hymne à la beauté
Écrits entre 1941 et 1991, ces vingt-sept poèmes traduits par la compositrice et chanteuse Angélique Ionatos nous font accoster sur la terre d’Elytis, chantre de la langue grecque.
Grecque me fut donnée ma langue ; humble maison sur les sables d’Homère », tel est le premier vers d’un des nombreux poèmes réunis dans cette « anthologie vagabonde ». Sobrement présentée par Angélique Ionatos, cette anthologie très personnelle et remarquablement agencée, pioche parmi les recueils les plus importants dont Axion Esti, Maria Nefeli, Le Monogramme, Journal d’un avril invisible…...
La passion du chant
Décédé en janvier 2014, Juan Gelman a laissé une œuvre considérable, qui a su rendre « positive la somme abominable de l’opprobre et du malheur ». Les cinq recueils rassemblés ici font entendre la voix du poète argentin alors exilé en Europe.
De l’œuvre de son ami, Cortázar écrivit qu’elle s’était faite parole de « la réalité la plus concrète de l’Argentine de ces dernières années », désignant là les régimes dictatoriaux que leur pays connut au cours du XXe siècle. Il remarquait aussi que « chez cet homme dont on a décimé la famille, qui a vu mourir ou disparaître ses amis les plus chers, nul n’a pu tuer la volonté de dépasser...
En surnombre dans l'économie nationale de Eveline Rapoport
Deux femmes font un voyage en train vers une destination ignorée. On leur dira un jour qu’elles sont allées en Enfer. Ce qui suscitera en elle de l’étonnement. On ne revient pas de l’Enfer. Puis, « elles vivront longtemps, malgré tout, revenues fortes, au moins en apparence. Après tout, on veut vivre, et on y parvient si on ne nous en empêche pas. Elles seront des rescapées survivantes. » ...
Comment écrire des vers de Vladimir Maïakovski
Pasternak, Akhmatova, Tsvétaïeva, et bien d’autres qui le connurent, ont témoigné de leur admiration envers Maïakovski. Il n’en manquait pas non plus pour ses contemporains, notamment Khlebnikov, adepte du zaoum, création langagière qui bouleversa en son temps les normes poétiques. Ces pages datent de 1926, Maïakovski est alors âgé de 33 ans. Écrit en hommage au jeune poète, dont le suicide...





