La rédaction Emmanuelle Rodrigues
Articles
Le goût de vivre
Inédit en français, Amérique primitive met en évidence la langue très dense de Mary Oliver (1935-2019) : sa parole poétique s’impose tel un dialogue incessant entre soi et le monde.
Publié en 1983, Amérique primitive qui reçut alors le prix Pulitzer de poésie, révéla de manière remarquable la voix de Mary Oliver, proche de celles d’Emily Dickinson ou de Henry David Thoreau. Elle n’est cependant pas « le chantre d’une Wilderness mythifiée », comme le précisent les préfaciers, mais dans une approche intuitive, en résonance avec toute forme de vie, elle tend à rendre compte de son émerveillement : avec l’écoute et l’attention de celle qui observe de tous ses sens une nature qui l’environne et la contient, elle dévoile l’intensité de son regard sur le monde vivant.
Née...
Le goût du néant
Quasiment inédite en français, l’œuvre d’Antonia Pozzi révèle une artiste dont la poésie diariste témoigne d’une stupéfiante créativité.
Une « bourgeoise – artiste tiraillée par l’amour, l’amitié et la quête du langage », tel est le portrait que le traducteur Thierry Gillybœuf dépeint de la poétesse italienne, née en 1912, et dont la famille dissimula en 1938 le suicide jugé scandaleux. Fille de l’un des avocats du Duce, Roberto Pozzi, et de Lina Cavagna Sangiuliani, aristocrate lombarde, Antonia se passionne très tôt pour...
L’épreuve de la connaissance
Cette anthologie propose près d’un demi-siècle de création : d’une voix percutante, Anise Koltz fait entendre une étonnante liberté de parole.
Rien n’est plus obscur et mystérieux que la clarté », tel est l’étrange énoncé qu’Anise Koltz formule comme une évidence dans la préface. Pour mieux nous en convaincre, elle s’en remet à Novalis, qui affirmait que notre plus grand tort était « de ne pas prendre en considération la partie nocturne du réel ». Et pour appuyer son propos plus encore, elle cite Guillevic pour qui la poésie ne se...
Parole d’exil
Cette belle édition bilingue des poèmes d’Hannah Arendt met en lumière la part secrète de la philosophe, cette langue du cœur, tantôt mélancolique, tantôt sereine.
De 1924 à 1961, Hannah Arendt consigne nombre de textes et d’aphorismes poétiques dans ses carnets, ses papiers personnels, ou encore sa correspondance. C’est en effet dans les archives de la New School Of Social Research de New York que l’éditrice, Karin Biro, est allée collecter les inédits qui paraissent aujourd’hui, et dont une partie fut publiée en 2002 dans les pages du Journal de...
Des voix dans l'obscur de Françoise Ascal et Gérard Titus-Carmel
Des voix dans l’obscur fait suite à Lignées, recueil de proses illustrées par le peintre Gérard Titus-Carmel, et couronné par le prix Louis Guillaume en 2014. Dans ce deuxième livre, Françoise Ascal poursuit la collaboration avec le peintre, et interroge à nouveau ce qu’elle nomme nos « tourbières intimes ». Ces « voix dans l’obscur » émanent du passé, et telles celles des morts, remontent à...
janvier 2016
Le Matricule des Anges n°169





